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Le Vietnam

Depuis le début de notre voyage, nous avons croisé beaucoup de gens qui nous ont parlé du Vietnam. Nous avons entendu un peu tout et son contraire, mais la tendance est globalement négative. Ce sont des arnaqueurs, on ne pas faire dix pas sans se faire escroquer, etc…

Hanoï, la ville qui bouillonne

Nous n’avons pas changé nos plans, et nous atterrissons à Hanoï le 9 septembre en fin de matinée. Nous venons de passer deux jours à Hong Kong chez Sylvain et Emilie qui nous ont reçu dans leur super appartement. Bon alors, on prend les même, et on recommence. Lorsque nous arrivons dans un nouveau pays, on fait la queue au service de l’immigration pour récupérer le visa à l’arrivée et se faire faire un joli tampon sur le passeport, on nous prend la température, on change nos dollars américains en « Vietnam Dongs» (Si si, il faut dire l’expression en entier à chaque fois qu’on parle d’argent), et on monte dans un bus public, direction le centre ville. Il fait très chaud et humide ici, encore plus qu’à Hong Kong où c’était déjà difficile.

[img56:gauche]Dès nos premiers pas dans la ville, nous sommes enveloppés dans une atmosphère très différente de ce que nous avons vu jusqu’ici. Des centaines de motos et mobylettes s’agitent dans tous les sens, les rues sont étroites, non rectilignes et animées d’un bazar sans nom. Après avoir parcouru quelques centaines de mètres avec nos gros sacs, on s’arrête dans un hôtel qui a l’air pas mal avec des prix relativement raisonables (12 $US la nuit), et pour une fois, nous craquons pour la climatisation qui ne coûte que deux dollars. Vu l’ambiance « salle de bain» qui règne dans cette ville, ce n’est pas du luxe !

Dès que nos sacs sont posés, nous partons nous balader dans le centre. Cette petite excursion nous amuse au plus haut point. Il y a tellement de bruit dans ces rues qu’on a l’impression d’être enveloppé dans un cocon en coton. Traverser la rue est une activité sportive qui demande de l’adresse, de bons réflexes, et une synchronisation avec le ballet du trafic. Au bout de quelques tentatives, nous commençons à maîtriser la technique, et finalement, après quelques jour passés ici, nous faisons ça naturellement. Grâce à cette expérience, nous n’aurons plus de problèmes pour traverser la place de l’étoile à pied pendant l’heure de pointe.

La baie d’Ha Long, premier essai

Le premier objectif pour nous dans ce pays est la fameuse baie d’Ha Long. Pour ne pas nous casser la tête, nous décidons de prendre un tour organisé. Oui bon ça va, on imagine votre déception de nous voir faire un truc pareil. Le matin du départ, le ciel est gris, mais nous ne nous sommes pas posés plus de questions. Avec 40 minutes de retard, le bus vient nous chercher (concept de temps élastique), et nous partons en direction de la mer. A mi-parcours, nous apprenons que la mer est agitée et qu’on ne pourra peut-être pas passer la nuit sur le bateau comme prévu. 3h1/2 plus tard, nous arrivons au port, sous un ciel gris, une pluie battante et découvrons qu’aucun bateau n’a le droit de quitter le port, par ordre du gouvernement. Bon ben voilà….

Résultat des courses, on doit repartir bêtement d’où on vient…. Après une petite pause déjeuner, nous remontons dans le bus, qui cette fois est rempli car il ramène les gens du tour précédent qui ont fini leur visite (les veinards), et nous voilà parti pour 3h1/2 de trajet par la même route…. Et en plus, on a du payer pour le bus aller-retour… Une bonne journée bien pourrie! Nous avons vu en rentrant la tête du typhon qui passait pas bien loin et effectivement on est bien content d’être sur la terre ferme!

Le tour du Nord Ouest

Après cette mauvaise expérience pour la baie d’Ha Long, et une sombre histoire de boutons qui s’est finalement bien terminée, nous décidons de nous arracher d’Hanoï, et de partir à l’aventure dans le Nord Ouest du pays. Nous prenons donc quelques renseignements, et laissons le gros de nos bagages à notre hôtel, et le lendemain matin, nous partons pour plusieurs jours…

Première étape : Mai Chau

Je vous passe comment on s’est fait arnaquer dans les bus pour y aller. Mai Chau est une petite ville à touristes à 2h de Hanoi. Soit disant village typique où on peut dormir chez l’habitant. En vrai, un regroupement de maisons d’hôtes et des hôteliers déguisés en gens typiques et qui vendent tout plein d’artisanat. La ville n’a aucun intérêt mais le décor est très joli, avec des rizières entourées de montagnes. Nous voulons faire un trek jusqu’à un village à 18 km de là et cherchons un guide. Notre logeuse se propose et nous la regardons, dubitatifs…. Une petite bonne femme, plus toute jeune, et plutôt toute maigre…. Bon, ok on tente le coup!

[img58:droite]Le lendemain, réveil à 5h30. Notre guide ne se réveille pas et il pleut des cordes…. Ça commence bien! Finalement, drapés dans nos gore-tex, north face et quechua, chaussés de nos chaussures de marches à 150 €, et portant nos sacs à dos ergonomiques, nous partons avec notre bonne femme, en chapeau pointu, jupette, et tongs! Nous marchons d’un bon pas pendant 3 heures, puis vient le temps d’attaquer la montée. L’efficacité vietnamienne, qui d’habitude n’existe pas, est fracassante : le chemin, ou plutôt le sentier pas entretenu d’argile glissant et boueux, part à pic à l’assaut de la montagne. Notre bonne femme, avec ses tongs, gambade tranquillement et se marre de nous avec tous les gens qu’on croise. Après une pause, dans un espèce de refuge, où notre guide nous cueille des fruits dans un arbre pour nous requinquer, nous reprenons sans hâte notre ascension. Il fait super chaud, il fait aussi plus de 80% d’humidité, nous dégoulinons tant et plus. Après une grosse heure de montée, on arrive enfin en haut. Il ne reste plus qu’un heure de plat. Tout va mieux. Notre guide nous offre le repas dans un espèce de village abandonné : riz et pâté présentés dans une feuille trouvée dans le coin. Le pâté nous semble délicieux et nous rappelle le « mauvais» pâté français (niveau bouffe, le retour va être bon 🙂 ). Nous finissons par arriver à Xa Linh et 5 minutes après, il se fait à flotter bien comme il faut. De là nous prenons le bus pour Moc Chau où nous passons la nuit.

Deuxième étape : Dien Bien Phu

Déjà on dit Dien Bien ici, le Phu a été rajouté par les Français mais désigne en fait la province du même nom. C’est assez long pour y aller. La ville nous déçoit un peu, il n’y a pas grand chose. Nous allons au musée historique de la ville. C’est assez bizarre de voir un musée où c’est nous les méchants. Mais les Vietnamiens n’ont pas l’air rancuniers. Nous tombons en entrant dans le musée sur un groupe de militaires qui le visitent eux aussi. Nous devenons aussitôt l’attraction beaucoup plus intéressante que les photos et explications. Tous nous sourient, nous disent « hello», nous serrent la main, nous regardent « discrètement». Il y en a même un qui nous demande de faire une photo avec lui et tout le monde s’y met, jusqu’à ce qu’un des officiers (beaucoup moins fun) vienne les rappeler à l’ordre. C’est bon la réconciliation est bien effective!

Troisième étape : Lai Chau

Lai Chau, c’est tout un poème! La ville a changé de nom et nous l’avions vaguement lu sur internet mais n’avions pas trop de détail sur le sujet. Lai Chau est devenu Muang Lay et une autre ville, Tam Duong, a pris le nom de Lai Chau. Nous voulions aller à l’ancien Lai Chau qui apparemment est un point de départ de plusieurs treks plutôt sympa. Vous imaginez la suite… Nous prenons un billet à destination de Lai Chau et partons pour 7h de bus dans un décor époustouflant et poussiéreux. Le bus suit une rivière et nous traversons une région complètement sinistrée par les glissements de terrain. Il faut dire que ce coté là de la vallée a été défriché sauvagement. Nous traversons des villages dévastés dans lesquels les villageois cassent ce qu’il reste de leurs maisons… C’est très impressionnant. Nous sommes régulièrement bloqués par des travaux sur la route. Très flippant de voir les rochers tombés de la montagne, ou les pans de routes détachés, 1 mètre en dessous du niveau de la route. Le problème c’est que le guide dit 3h pour aller de DBP à Lai Chau et nous commençons à nous poser des questions. Ça devient vite évident : nous ne savons pas où nous allons atterrir! Finalement, c’est une ville moche et sans intérêt et c’est bien le nouveau Lai Chau, c’est-à-dire l’ancien Tam Duong.

Quatrième étape : Sapa

Heureusement le trajet fait la veille nous rapproche de notre but et nous voilà à Sapa en moins de 3 heures. L’arrivée est violente. Cette ville est très touristique et pour nous qui n’avons pas croisé une seule personne parlant anglais depuis 4 jours, le nombre d’occidentaux nous fait mal aux yeux. Nous sommes, en revanche, ravis de pouvoir manger un bon cheeseburger (les pours et contres du tourisme!). La ville est plantée dans un très joli décor, nichée au creux de superbes montagnes parsemées de rizières jaunes à cette période de l’année. Mais elle n’est pas attirante en elle-même et les habitants sont des arnaqueurs à touristes bien rodés. Nous voulons donc partir le lendemain pour trekker au milieu des villages typiques de la région. Et devinez quoi?! Le lendemain, il pleut des cordes et il fait tout gris…. Notre « trek dans les villages voisins» tombe à l’eau. Le sur-lendemain, le temps est le même. Nous allons au village d’à côté : Cat Cat, qui est à pleurer. Le « cultural village» contient 10 maisons qui vendent de l’artisanant. Bref, c’est nul.

Nous repartons le soir même à Hanoi en bus de nuit. La nuit est dure et les sièges aussi, on a dû perdre l’habitude!

La baie d’Ha Long, deuxième essai transformé

Nous revoilà dans le même bus pour touristes, à refaire la même route que la première fois. Après 3h30 de trajet, nous retrouvons le fameux port qui nous avait refoulé la première fois. Mais aujourd’hui, tout marche comme sur des roulettes. Nous embarquons dans un bateau sympa avec une douzaine de personnes, et prenons un déjeuner spartiate tous ensemble. La première étape de l’après-midi consiste à visiter une grotte aménagée avec des lumières fluorescentes qui ne sont pas toujours du meilleur goût.

[img55:gauche]Cette visite terminée, notre embarcation met le cap sur l’intérieur de la baie. Une partie des passager n’a pas pris de tour comme nous, mais un ticket « aller simple» pour la ville de Cat Ba, située sur l’île de Cat Ba. Selon l’un d’entre eux, ce ticket leur a coûté 16 $ alors que notre tour nous en a coûté 30 pour les deux jours et la nuit. Une heure et demie de navigation au milieu des formations karstiques, et sous une fine pluie qui gâche un peu, ces passager sont déposés dans un port au milieu de nulle part, situé à 35 kilomètres de la ville en question. Ils doivent prendre un bus (non inclus dans le ticket) qui va encore leur coûter une fortune. Flairant l’arnaque, les passager provoquent un tollé à bord, et ils finissent par en arriver presque au mains alors que les Viets montent également rapidement dans les tours. Après une longue négociation, les Viets du bateau finissent par leur payer le bus. Nous reprenons ensuite notre route, mais cette expérience nous a permis de voir que nous avons vraiment bien fait de faire la baie avec un tour organisé.

Dans la soirée, la pluie cesse et le ciel se dégage. Cela nous permet d’apprécier la tombée du jour sur la baie, et de faire quelques photos. Une fois la nuit tombée, nous prenons le dîner avec le reste des passagers et nous rejoignons rapidement nos quartiers, car nous ne sommes pas trop sur la même longueur d’onde que les autres. Au prix où nous avons payé le tour, nous nous attendions à une chambre pourrie, mais il n’en est rien. La décoration est plutôt sympa, nous sommes bien installés et nous passons une bonne nuit sur l’eau.

Le lendemain matin, nous faisons une petite heure de kayak au milieu de pics, et nous rejoignons ensuite le port où notre bus pour Hanoï nous attend.

Vers le sud…

[img57:droite]Ayant écumé les principaux spots du nord du Vietnam, nous prenons un bus de nuit avec des couchettes pour rejoindre le centre du pays. Nous passons Hué sans descendre, et nous arrêtons à Hoi An. Il s’agit d’une petite ville côtière plutôt sympathique. Nous passons plusieurs jours ici, et nous nous baladons dans les rues et dans le marché qui est très vivant. Nous reprenons ensuite le bus en évitant de justesse un autre typhon qui dévaste Hoi An 12 heures après notre départ. Nous l’avons échappé de justesse.

L’étape suivante est à Nha Trang, une station balnéaire du sud. Il n’y a pas grand chose à dire sur cette ville sans trop de charme, si ce n’est que nous avons passé une matinée à faire de la plongée sous marine. Nous avons eu un gros bateau en bois quasiment que pour nous. Au moment de l’équipement, nous avons un type qui s’occupe de nous mettre le gilet stabilisateur, un autre qui s’occupe des palmes, et encore un autre qui nous met les plombs. C’est assez étrange d’avoir une équipe aux petits soins pour nous. Sous l’eau, la visibilité est relativement mauvais, mais nous voyons des poissons clowns et des tortues de mer avec lesquelles nous nageons quelques mètres. Nous quittons ensuite Nha Trang pour Saïgon, notre dernière étape dans le pays.

Saïgon

Ho Chi Minh Ville, alias Saïgon, est une ville surchargée de motos. On en voit encore plus qu’à Hanoi. Un des grands spectacles consiste à voir le feu passer au vert. Vous comprendrez en regardant la vidéo. Ici, nous retrouvons Lolo, un pote d’AnneK, qui nous fait un peu découvrir la ville et les spécialités culinaires du coin. Nous passons deux très bonnes soirées avec lui, et nous visitons aussi l’excellent musée de la guerre du Vietnam, qui nous montre les horreurs qu’ont pu faire les américains par ici.

Et c’est ensuite le moment de quitter le Vietnam. Nous embarquons un matin dans un bus à destination du Cambodge où nous allons poursuivre nos aventures.