Nous ne sommes restés au Cambodge une dizaine de jours, et on peut dire qu’il nous a bien tenu aux tripes.
Phnom Penh
Nous sommes arrivés à Phnom Penh et y avons passé deux jours, le temps de faire le visa pour le Laos. On en a profité pour se balader un peu. La ville est parsemée de pagodes magnifiques, dans l’architecture et la décoration. Elle est remplie de motorbikes et de tuk-tuk : ici il s’agit de carioles tirées par des motos. On y croise des moines bouddhistes, rasés et drapés dans une toge orange criarde, souvent avec un parapluie. Traverser la rue est toujours un aventure. Parler, toujours aussi compliqué, et, pour la première fois, lire, absolument impossible. On jongle entre deux monnaies : le dollar, et, pour les centimes, le riel.
Heureusement, les gens sont adorables et souriants. Beaucoup parlent anglais dans les auberges et les resto; et dans les boui-boui, il y a souvent un des enfants qui parle un peu. On croise beaucoup de gens qui ont des notions de français. Bizarrement, le fait de dire ici qu’on est Français n’entraine pas le sourire auquel on était habitué jusqu’ici. Cela n’entraine pas non plus une réaction épidermique, mais on a eu plusieurs fois le droit à un « oh! your country come in my country and control my country »…. euh…. yes yes sorry…
On a pu visiter le « centre de sécurité S 21″ et voir un aperçu des horreurs qui ont été perpétrées il n’y a pas si longtemps. Dur. Le plus hallucinant, c’est de voir les gens autour de nous, qui ont tous été confrontés à cet enfer, eux-mêmes ou leurs parents, si souriants. Bonne leçon. On a discuté avec Gi (?! je sais pas comment ça s’écrit), 33 ans, qui se souvient un peu. Ses grands-parents avaient un casino et plein d’argent. Ils ont tout perdu, se sont tout fait voler plutôt. Lui avait faim et 3 grains de riz à manger le soir. Sa famille a été éclatée aux 4 coins du pays. Aujourd »hui, il a retrouvé tout le monde, et est bien gras!
Les temples d’Angkor
Ensuite, on a décidé d’aller à Siem Reap, qui est la ville-base pour visiter les temples d’Angkor. Chose surprenante, la route est quasi-vide! A travers la vitre du bus, on voit la campagne. C’est un spectacle assez étonnant. Très peu de culture et d’animaux, mais des lacs, mares et flaques de partout. Les maisons sont contruites sur pilotis plus ou moins hauts. Ils habitent à l’étage et les pilotis permettent de moduler la maison selon les inondations du moment. Ils mettent « sous » leur maison des hamacs et des grosses tables basses (genre paillasses sur pilotis), et rangent ce qui ne craint pas l’eau. Leur maison est reliée à la route par des planches qui affleurent à la surface. Parfois on voit une barque attachée au piloti, qui permet de faire le trajet jusqu’à la route. On comprend ici l’intérêt de la tong! Quand il faut traverser ces flaques géantes, c’est bien pratique! Les espèces de buffles sont aux anges, enfoncés dans les mares jusqu’au cou. Les enfants galèrent plus pour pousser leur vélos là dedans.
Nous sommes restés 3 jours à Siem Reap. On a décidé de visiter le site d’Angkor à vélo. c’est assez flippant, vu la façon de conduire des Cambodgiens, mais on s’en est plutôt bien sorti! Il suffit de connaître quelques règles : occupes-toi de devant et non de ce qu’il se passe derrière; on roule à droite, mais si tu roules en sens inverse, restes le plus près du caniveau; s’il y a des chances que ça passe, tu passes! On a été un peu déçu du lever de soleil sur Angkor Wat (ah lala, on devient difficile), encore plus du temple. Puis on est allé au gré des routes, où nous portaient nos vélos, et là on a découvert des temples magnifiques et impressionnants, malheureusement pris d’assauts par des Japonais, des Coréens et des Chinois, qui arrivent par 40, piaillent et gâchent l’atmosphère. En rentrant le soir, de gros nuages semblent approcher, et on pédale comme des dératés, mais pas assez vite tout de même. Quand on sent quelques gouttes, on se réfugie au ticket office juste à temps, c’est la drache de la journée! 1/2 heure après, on se remet en route. On n’a pas de lumière, il y a des flaques de partout qui cachent l’état de la route, le bonheur! On roule littéralement dans l’eau, éclairés par les phares des voitures, bus et motos, quand ils en ont. On s’est bien marrés!
Le deuxième jour, on prend les vélos pour partir. Après 50 mètres, on sent quelques gouttes… retour illico à l’hotel. Il pleut tout le matin, on va donc à Angkor l’après-midi. On tente le coucher de soleil… Nouvelle déception.
Le troisièlme jour, on ne va même pas sur le site. C’est le souci de le faire à vélo, l’accès aux temples éloignés est difficile.
Le Ratanakiri
Nous repartons ensuite pour Phnom Penh afin de pouvoir nous diriger vers le nord est du pays (Region du Ratanakiri – Ban Lung). Après une journée de bus retour pour la capitale, et une journée pour Ban Lung (dont 5 heures de piste), nous sommes littéralement submergés par les rabatteurs d’hôtels qui sont une quinzaine pour nous deux (Nous sommes les deux seuls blancs du bus). Comme ces braves gens parlent tous en même temps, c’est un peu difficile de comprendre qui propose quoi. Finalement, nous en prenons un qui ne semble pas trop mal, et qui n’est pas cher du tout. Bon, après coup, nous verrons que OK, c’est pas cher, mais ils se rattrapent sur les tours touristiques et le prix du restaurant.
La situation à Ban Lung semble un peu particuliere. Il y a des gens tres riches, grâce au tourisme, et les autres qui sont tres pauvres. Les gens tres riches roulent dans des 4×4 tout neufs avec lecteur DVD intégré, et écoutent de la musique sur leur i-pod. Le tourisme est quelques chose d’assez récent ici, et on voit bien que certains ont profité du filon. En même temps, les prix des tours touristiques (de 20 à 40 dollars US pour un guide anglophone à la journée avec le transport et le déjeuner du midi). Alors on serait OK pour payer une excursion qui profite un peu aux gens de la région, ou du moins de la ville, mais si c’est pour que notre hôte puisse s’acheter le dernier téléphone portable à la mode, ça ne va pas le faire.
Donc au lieu de partir faire des treks lointains ou des tours en éléphant, nous décidons de louer des VTT. Pendant deux jours, nous arpentons les pistes de la région à la recherche de cascades ou de lacs. Mais surtout, nous traversons beaucoup de villages typiques où les gamins nous courent après en nous criant « hello ! hello ! hello ! » et nous tendent la main pour qu’on tape dedans! On croise des regards étonnés et beaucoup de sourires. Ce mode de déplacement est tout de même fatiguant car les selles des vélos sont très inconfortables. Le deuxième jour, nous nous arrêtons tout de même dans une cahute qui fait bar, pour boire un petit rafraîchissement (c’est qu’il fait hyper chaud). Là, les locaux sont tous timides de nous voir de si près, mais une jeune fille qui bafouille un peu l’anglais nous fait la conversation. C’est tellement sympa de passer du temps avec ces gens et de voir que même s’ils sont dans une pauvreté extrême, ils ne semblent pas malheureux du tout. Grande surprise : lors de nos virées VTT, personne n’a essayé de nous arnaquer au niveau des prix!!! Première fois que ça nous arrive! Et là on se rend compte que le Cambodge est effectivement pas cher, lorsqu’on sort des sentiers battus!
Le dernier jour, nous quittons cette province, puis prenons un bus pour la frontière Lao, où nous arrivons dans la soirée. Cette virée au Cambodge était très courte, mais nous a donné un petit aperçu du pays.
Cambodge