Echauffés par notre excursion en moto à Bali, bien que nous nous étions retrouvés la tête dans l’asphalte 50 mètres après notre départ, nous avons décidé de retenter l’expérience, sur plusieurs jours cette fois. Nous avons choisi pour point de départ la ville de Pakse et sommes partis à l’aventure parcourir une boucle aux alentours du plateau des Boloven.
1er jour
Nous partons en fin de matinée avec la dernière moto disponible chez le loueur et 2 casques trop grands qui ne servent pas à grand chose. Il pleut un peu et nous enfilons pantalon K-way et cape de pluie : la grande classe. Les premiers kilomètres défilent lentement, le temps de s’habituer. Heureusement, la circulation au Laos est très calme, il y a peu de monde sur la route et la conduite est assez facile. Le plus dur est de calculer le trajet que suivent les différents animaux croisés sur la route (poulets, chiens, vaches, buffles, cochons…) pour passer du bon côté. Le premier jour se passe sans problème, nous nous trompons juste une fois de route. En revenant sur la bonne route, nous croisons, venant en sens inverse, deux éléphants! Ils marchent sur la route, ils sont immenses. Le premier commence à traverser dans notre direction…. euh…. Heureusement, il continue son chemin de son côté, car nous ne savons pas trop s’il faut s’arrêter ou accélérer. Nous voyons une cascade chouette en chemin et arrivons à Tat Lo en fin d’après-midi, le dos et les fesses bien endoloris.
2ème jour
Après des crêpes bananes-chocolat délicieuses, nous reprenons la moto pour monter sur le plateau des Boloven et traverser quelques villages de minorités très particuliers. Nous gagnons le village suivant, là où nous devons quitter la route et prendre une piste qui part sur le plateau. Manque de bol, il a plu toute la nuit et la piste a l’air mal en point. Qu’à cela ne tienne, nous la prenons, on verra bien. Au bout de 20 mètres, la moto refuse de me porter : si Thomas est seul dessus, elle avance, dès que je monte, elle ne bouge plus. Ça commence bien! Tom fait avancer la moto et je patauge dans la bouillasse à côté. Très vite nos chaussures se dotent d’une double semelle de boue et la moto refuse carrément d’avancer. La boue s’est engluée entre les roues et les gardes-boue, on patine, il y en a partout. Nous voilà donc à chercher des bâtons pour essayer de nettoyer tout ça. Dégoûtés, nous voyons des locaux, à 2 ou 3 sur leur moto, ou portant des sacs de riz, qui arrivent à faire avancer leur engin. Certains, comme nous, sont englués, ce qui nous rassure. La moto décrottée, Thomas, qui n’abandonne jamais sans se battre, décide d’aller voir avec la moto jusqu’au prochain virage, au cas où la route s’améliorerait (lol). Il n’y arriva jamais. Au bout de 3 décrottages de moto, nous décidons que ça va être difficile, il y a quand même 30 bornes à parcourir avant de retrouver la route goudronnée et là nous avons fait 200 mètres en 1 heure. Nous faisons donc demi-tour et, sous le regard amusé des locaux, trainons la moto tant bien que mal, en faisant des pauses décrottages tous les 15 mètres et en essayant de rouler dans les quelques flaques. 2H ½ après avoir mis une roue sur cette piste, nous en ressortons tous contents! On est couvert de boue et la moto est dégueu, mais on s’en est sortis! On repart jusqu’à la prochaine ville, dans l’espoir de pouvoir rejoindre la boucle par un autre chemin, mais c’est peine perdue. Tous les chemins qui y vont sont des pistes impraticables en saison des pluies. Finalement, nous revenons à notre point de départ, allons voir une cascade sur le chemin, histoire de dire que la journée n’a pas été vaine et retournons dans notre petite auberge (chambre aménagée chez des gens adorables). Nous essayons de laver la moto, à caca beson dans le fleuve à côté des hommes qui pêchent, des femmes qui se lavent et des enfants qui jouent. Au restaurant, nous passons la soirée avec Marion et Rudy, qui nous font rêver avec leur voyage. Super soirée qui nous fait beaucoup de bien! (j’en rajoute au cas où ils lisent ce message…. ;-)).
3ème jour
Après un petit dej crêpes banane-chocolat et des papotages bien sympa, nous finissons par partir en fin de matinée. Aujourd’hui, on repart là où on s’était trompés le premier jour pour voir une belle cascade puis on repart sur Pakse pour tirer au sud et aller voir des villages qui vivent avec des éléphants. On speed un peu sur la fin car on veut voir la tête de la piste qui relie la route et le village en question avant la nuit. On traverse des paysages magnifiques sous la couleur du soir, et, tout d’un coup, scratch….. Et impossible d’accélérer, la moto ne répond plus. On s’arrête, bien embêtés. On revient sur nos pas dans le petit village qu’on vient de quitter en poussant la moto. Les gens nous indiquent le «garagiste». On arrive donc devant une petite cahute qui fait resto et on essaye de montrer que la moto est cassée. Un homme nous prend la moto, la fait démarrer avec la pédale et nous montre, tout sourire, que c’est bon, c’est pas cassé! Alors on lui montre que quand on accélère, les roues ne tournent pas. Il regarde en bas, et ça devient évident, on a cassé la chaîne. Pas de problème : en 20 minutes, il nous démonte la moto, répare la chaîne et remonte le tout. Il nous demande pour ça 10 000 Kip, c’est-à-dire 1,20 $. Je résume la situation : 2 Blancs, paumés dans un petit bled, complètement coincés avec leur moto qui n’avance pas, à la tombée de la nuit : et ils n’ont pas essayés de nous arnaquer!!!!!!!! On n’a pas compris! Depuis le début de notre tour, les Laotiens sont d’un honnêteté déconcertante! C’est la première fois que nous voyons ça! Bref, on repart sur notre moto tout contents! La nuit tombe, on pourra pas voir l’état de la piste, on essaye donc de trouver un hôtel, ce qui n’est pas gagné, vu les bleds qu’on traverse. On se voit déjà aller demander l’hospitalité! Finalement, à la jonction entre la route et notre piste pour demain, on trouve une guesthouse. Ça s’est bon! Maintenant on cherche un resto. Il y a un bar karaoké qui balance du gros son, dans le genre assourdissant, puis un resto, puis rien. On se pointe devant le resto, un peu timides, pas de cartes, pas de menu. Un homme attablé avec son pote se lève tout de suite et vient nous aider : il nous traduit : il y a du bœuf et ça coûte l’équivalent de 3,50 $ pour deux. Bon super. On se retrouve avec une pierrade de fins morceaux de bœuf et de porc avec une sauce délicieuse et plein d’accompagnements. Heureusement, le monsieur revient nous expliquer comment ça marche. C’est délicieux! On mange en lorgnant sur le karaoké. Ça a l’air marrant. Mais on n’ose pas. Puis, en rentrant vers l’hôtel, les gens du karaoké nous font des grands signes. On va donc prendre une bière avec eux. On s’installe d’abord à une table en retrait, puis la table d’à côté nous fait signe de les rejoindre. Le son étant dix fois trop fort, on a du mal s’entendre et à se comprendre. Ils sont adorables! Les bouteilles de bières sont en commun sur la table et, dès que notre vers est à moitié plein, hop! Un glaçon et une rasade de bière en plus! Ici, on trinque à chaque fois qu’on soulève son verre : en gros, ça n’arrête pas! Ils nous font partager leur repas : on mange des trucs longs et fins, très durs, à l’arrière goût bizarre (Vers de terre grillés? Lamelles de tripes? On ne sait toujours pas). Evidemment on n’échappe pas au karaoké! En fait, c’est pas vraiment un karaoké, il y a un synthé et chaque personne vient chanter une chanson, sans télé pour donner les paroles, c’est plus un concert. Heureusement, ils n’ont pas de disques en anglais, donc on échappe à la chansonnette. Par contre, on n’échappe pas à la danse! La danse Lao est très classe : le corps ne bouge pas beaucoup, c’est assez statique, et tout est dans les mains. Les mains tournent et retournent, entre le flamenco et les danses indonésiennes. Bref, on regarde et on fait pareil. Tout ça entre 2 attaques de grosses sauterelles volantes. On doit être trop bons, parce qu’ils sont tous morts de rire et nous disent : « bien, bien»! Super soirée. Ceux de notre table partent en payant l’addition. On commence à dire qu’on veut y aller, et ils nous demandent une dernière danse : nous y allons, seuls, et la faisons « à la française», c’est-à-dire n’importe comment, tout le monde se marre! Sur ce, il se met à pleuvoir, et ils nous ramènent nos affaires sous le toit. Une autre table qui était sous la pluie se met à la même table que nous sous le toit, et la deuxième soirée commence! On repart sur les présentations, les trinquages, etc… Ca sent la fin, les chanteurs arrêtent de chanter et il ne reste plus que le disque. Quelques danses plus tard, on explique qu’on va y aller. Impossible de partir sans finir la bouteille et toute la table se fait un shot de bière. Notre départ fait l’objet d’un discours au micro! Puis nous faisons le tour des 2 tables en remerciant tout le monde et rentrons. Soirée assez incroyable!
4ème jour
Nous allons voir l’état de la piste comme prévu. Contre toutes attentes, elle est praticable et nous y allons gaiement. Arrivé au village, l’ambiance ne nous plait guère. On sent ici que le touriste est toléré parce qu’on a besoin de ses sous, mais il n’est pas le bienvenu. Nous faisons quand même un tour en éléphant. C’est assez sympa, mais notre éléphant marche sur une route, ce qui enlève un peu au charme de la balade. C’est tout de même très impressionnant de se retrouver à côté de cet énorme pachyderme. Notre guide est absolument pas sympa et on repart tout de suite après, sans dormir là, ce qui était initialement prévu. On retourne directement à Pakse, où l’agence nous facture la moto pour 3,5 jours et non 4. C’est vraiment pas des arnaqueurs!
En résumé, éclate totale pendant ces quelques jours, et on compte bien remettre ça dans le centre et le nord du pays!
Laos
Enorme votre road trip! Heureusement que Thomas est doué en mécanique.
Continuez comme ça et bisous