Vous oubliez que vous êtes dans un bus pourri pour Rurrenabaque; vous oubliez Rambo 3 qui passe à la télé sans le son; vous oubliez la falaise à droite et le ravin hyper impressionnant à gauche; vous oubliez que des fois vous ne voyez plus le bord de la route par la vitre du bus, mais seulement le vide; vous oubliez les camions ou bus en sens inverse que l’on croise toutes les 10 minutes et les manoeuvres du bus pour passer; vous oubliez que vous tressautez tellement qu’il faut garder les bras croisés pour ne pas se cogner de partout à cause de la piste en mauvais état; vous oubliez que votre siège est super dur et vous fait déjà mal au postérieur alors que ça fait que 4 heures que vous êtes parti et qu’il vous reste 18h de voyage; vous oubliez les tonnes de sables qui vous arrivent dans la figure par la vitre ouverte et qui vous repeignent littéralement de pied en cap…
Et vous levez les yeux… La forêt amazonienne s’étend à perte de vue: Une végétation luxuriante, des arbres géants, des plantes, des oiseaux de toutes les couleurs… Toutes les teintes de vert possibles s’entrelacent dans un fouilli impressionnant dans la vallée et sur les montagnes environnantes. Puis le soleil se couche. C’est magique, les couleurs sont magnifiques, les contre-jours splendides, et les montagne d’une beauté inégalable. La vallée se teinte d’une couleur quelque part entre vert et doré, et le ciel devient pourpre, comme en proie à un gigantesque incendie…
Mais c’était avant…avant que deux Boliviennes ne débarquent avec leur ménagerie, 3 chiots pour l’une, des perroquets dans une boite fermée pour l’autre; avant qu’on ne se rende compte que l’odeur bizarre, mélange de transpiration et de fermentation, vient de la Bolivienne de devant; avant que les gamins du bus ne se mettent à chialler, brailler, chouiner; avant que ne se déclenchent les hauts-parleurs à plein volume avec de la musique « tchouchou tchou »; avant que la chaleur ne nous étouffe, aidée par l’humidité qui nous aggresse; avant que le mec de devant ne descende son siège jusqu’à ce que Tom soit complètement paralysé, jambes écart, la tête dans le siège de devant; avant que les chauffeurs ne descendent toutes les demi-heures pour checker les pneus, pour finalement s’arrêter pendant 2h pour trafiquer on ne sait quoi sous le bus; avant que nous ne nous ne sentions nous aussi la bolivienne…
Que du bonheur, quoi!
Bolivie
franchement ,les textes on s’y croirait ,qui est l’auteur?