Le trek Santa Cruz, dans la cordillera Blanca. Deux vallees encerclees de montagnes, de glaciers, de sommets tous plus beaux les uns que les autres, dont le fameux qui sert de logo a la Paramount. Voila qui nous a fait rever.
Nous decidons donc de partir donc pour 4-5 jours de trek, en autonomie totale, avec notre matos et notre nourriture. Le matin du depart, la pluie est au rendez-vous. Nous partons tout de meme, ce n est pas ça qui va nous arreter! Apres 1h30 de « collectivo » (qui n est rien de moins qu un taxi dans lequel on monte a 6 en plus du chauffeur) sur piste avec un arret pour tirer un mini-van hors du fosse, nous arrivons au point de depart du trek. On paye les 10 soles qui servent a l entretien du chemin, du moins c est ce qu on nous a dit… Il ne pleut quasiment plus et nous partons bien motives. Le paysage est tres joli, les nuages s effilochent sur les montagnes. Nous arrivons sans encombres au premier camp et continuons sur notre lancee. On traverse de nombreux troupeaux de taureaux. On tombe sur un lac, puis une vallee paisible dans laquelle paissent des chevaux. C est magnifique, c est calme… Le soleil se couche au moment ou on aperçoit un sommet enneige. On est ravis!
Peu apres, le chemin s arrete. On l aperçoit a flanc de montagne sur le cote et on traverse le champ dans cette direction. Sauf que le champ est plein d eau, donc on pateauge pas mal. Les pieds humides, on retrouve le chemin. Sauf qu il se perd dans la montagne et on se retrouve coinces entre des caillasses, des cactus et des plantes qui piquent. On croit deceler un chemin au milieu de la valle, nous descendons donc tant bien que mal de notre montagne et traversons le pre en pateaugeant de plus belle. Plus loin, le chemin se perd a nouveau. Nous continuons a avancer dans la direction du prochain camp, a travers les arbres, les buissons, les arbustes, les plantes qui piquent, les orties… La nuit approche, le moral commence a flancher. Nous trouvons alors une espece de prairie au milieu de nos buissons. Nous decidons de planter la tente, seuls au milieu des montagnes et des bouses de taureaux. Une fois installes, la pluie se met a tomber et nous passons un petite soiree douillette dans notre tente.
Le lendemain, nous dejeunons face a un sommet magnifique et reprenons la route, apres avoir vu des gens passer de l autre cote de la riviere intraversable (nous en deduisons donc que le « vrai » chemin est de l autre cote). En ralant sur ce @@@ de chemin, nous fonçons a travers broussailles pour le rattraper. Apres moultes pateaugeages dans la flotte et dans la boue, nous arrivons au deuxieme camp et reprenons notre souffle avant d entamer la montee au col. Nous sommes a 4200m et il nous reste 550m de denivele pour y parvenir. Nous commençons a sentir l altitude et mes pas deviennent encore plus lents. C est alors que la pluie commence a tomber. Les 4 km qui nous separent du col sont longs et difficiles. On marche dans l eau et la bouillasse, nos pieds sont bien mouilles, le bas du pantalon aussi. Puis la pluie se transforme en neige avec l altitude… On monte, on monte, le moral flanche, on continue… Enfin, le col est en vue et on arrive au panneau 4750m! Mais la recompense ne viendra pas. Le paysage est blanc. On ne voit rien, seulement 50m de chaque glacier environnant. Et de l autre cote du col, la vue est la meme. Tout ça pour ça…. On redescend, la neige se calme. La descente est beaucoup plus facile meme si ça glisse et on arrive rapidement au niveau de lacs tres jolis et autour desquels on fait la pause dejeuner en profitant d une acalmie. Nous repartons de plus belle pour arriver au camp suivant avant la nuit. Il pleut toute l apres-midi, par averses, le chemin est souvent inexistant ou inutilisable, nos chaussures sont recouvertes de boue et nos pieds sont mouilles (Enfin, les miens sont mouilles et ceux de Thomas sont completement trempes car ses chaussures ne sont plus etanches). Arrive au camp, nous nous apercevons que le terrain est situe entre la riviere et les cascades qui viennent de la montagne. Autant dire que ça fait splasch de partout. Nous installons notre tente sur un bout de terrain en pente, entre deux flaques et une rigole en esperant qu elle tiendra le coup. La nuit a ete sympatique.
Le 3eme matin, il pleut toujours. Nos affaires sont chargees d humidite et nous repartons pour ce que nous pensons etre un trajet tranquille de 2h. Nous mettrons en realite 4h pour rejoindre le village ou un bus pourra nous ramener a Caraz. 4h de bouillasse, avec un bon denivele sur la fin, des dizaines d enfants qui nous demandent du chocolat dans les hameaux traverses, et quelques belles rencontres avec des locaux avec lesquels on discute 5 minutes et qui nous disent qu il faut venir en juillet-aout pour profiter du trek. Nous arrivons enfin au village, recroisons Ras, l Israelien du canyon de Colca et du Chachani et attendons le bus avec deux Français qui attendent leur mule. Ils ont paye un muletier pour faire le trek avec eux, mais la personne n est pas la. Ils ont donc demande sur place une autre mule et se retrouvent avec un ane au bout d une corde dans les mains sans savoir qui va avec eux (c est le perou!). Un mini-van s arrete et va en direction de Caraz. En installant nos sacs sur le toit, le chauffeur nous demande si nous avons les billets pour l entree du parc. Il faut payer 65 soles par personne, soit 15 euros, pour entrer dans le parc, mais nous avons fait le trek en sens inverse, nous devons donc les payer en partant. Mais notre chauffeur, contre un petit « propina » nous offre une solution pour ne pas payer : dire que nous venons de Yanoma, ou nous avons rendu visite a des amis italiens. Arrives au poste, le gardien hargneux ne veut pas croire a notre histoire. Nous sommes Français et non Italiens et ici il est difficilement concevable d avoir des amis d autres pays. Apres beaucoup d insistance de notre part (nous sommes bien contents de mieux maitriser l espagnol) et de la part du chauffeur, nous pouvons passer sans payer! 130 soles d economiser, c est le budget d une journee! Nous rentrons a notre hotel, passons 1h a laver nos afffaires et nous dirigeons vers le resto dont nous avons rêvé pendant 3 jours : bouteille de vin et bonnes pastas (tres rare!). Pour conclure ce trek qui nous laisse quand meme un gout un peu amer, notre resto est ferme…
Et aujourd hui, nous nous levons sous un soleil eclatant…
Pérou
Un nouveau mot à rajouter à notre vocabulaire » la propina », le dessous de table ou backchich local !
En fait la « propina » c’est plutôt le pourboire en amérique du sud. On a appris ça en Argentine dans les gares de bus. En effet, dans ce pays, si tu veux charger tes bagages dans le bus ou les récupérer à la fin du voyage, tu dois filer une « propina » au déchargeurs (ou plutôt balanceurs à voir comment ils maltraitent les sacs). La première fois, je n’avais pas compris ce que ce mot voulait dire et le gars m’a balancé une vieille phrase en anglais « Your tip is my salary ».
Voilà pour la petite histoire…