sentiersdumonde

Le Guatemala

Antigua est une jolie ville coloniale toute colorée (en fait toutes les villes sont bien colorées!) et on est allés se faire griller sur le volcan Pacaya, expérience hallucinante de voir un tube de lave sortir de terre tout doucement comme du dentifrice! Il fait évidemment une chaleur brulante et ça fait très bizarre de marcher sur de la lave séchée avec la chaleur qui sort de sous nos pieds et de voir, toujours sous nos pieds, des fissures couleur de cendres avec du jaune en dessous… Attention à ne pas tomber! On a même eu peur que nos semelles fondent!

Après deux heures de shuttle (navette pour gringos) assez inconfortables, on est arrivés au lac d’Atitlan, un autre hot spot du Guate. On lui a rien trouvé d’exceptionnel. Beaucoup de gringos et surtout des arnaques organisées pour extorquer le plus d’argent possible aux touristes. On a fait une réserve naturelle (beaucoup d’endroits s’appellent parc ou réserve naturelle car ça permet de faire payer l’entrée) dans laquelle les papillons et les singes sont nombreux. En fait dans la serre à papillons, il y avait trois papillons qui se battaient en duel, et dans la réserve on a vu deux singes postés près de l’entrée et puis plus rien sur le grand sentier d’une petite heure. Le Blanc paye cinq fois plus cher le bateau sur le lac que le Local. Et on s’est fait insultés en guatemalteque par une vendeuse ambulante.

Après tout ça, nous sommes allés à Quetzaltenango (atchoum) en vrai bus cette fois. La flotte de bus guatemalteque est constituée des school bus pourris américains qui trouvent la leur deuxième vie. C’est plutôt mignon, enfin tant qu’on est pas à l’intérieur! Parce que là où ils ont prévus de faire asseoir deux petits écoliers, c’est trois gros adultes qui doivent rentrer. Résultat, il y en a toujours un qui a une miche dans le vide. De plus, les chauffeurs conduisent comme des barjes. Dans la montée, comme dans la descente, le bus double tout le monde, camions, mini-van, voitures, pick-up… Et comme les routes sont assez tortueuses, on a l’impression d’être dans la chenille à la vogue de la croix-rousse (pour ceux qui connaissent) : tout le monde s’agrippe à la barre sur le siège de devant et est propulsé sur son voisin. Nous offrons un magazine de foot à un gamin devant nous. Sa mère est très gentille et surtout morte de rire de nous voir nous balloter. En partant, le gamin nous offre un pendentif « vierge Marie». Trop chou et ça nous remonte bien le moral. Pas pour longtemps malheureusement. Quetzaltenango est une ville morte (on est dimanche) et en gros on s’ennuie toute l’aprèm. En plus l’auberge est pourrie avec des chambres super vieilles et délabrées, le mur ne monte pas jusqu’en haut, donc on profite bien du voisin, les toilettes sont partagées et c’est le grand bonheur : les portes ne ferment pas, pas de papier toilette, pas de chasse d’eau, un grand bassin d’eau se trouve devant les baños et il faut y puiser un seau d’eau pour faire sa chasse, ce que la plupart des gens ne prennent pas la peine de faire. La douche est dégueu et froide alors qu’on se caille (on s’en abstiendra d’ailleurs….). Pas de glace, pas de lavabo….

On décide donc de partir assez vite. Le matin, on achète des bouquins, et des timbres et on s’aperçoit que déjà, ça crève le budget journée…. Une grosse baisse de moral général s’en suit et on rumine chacun dans notre coin pendant les 4 heures de bus. On arrive à Sacapulas vers 16h et la soirée s’annonce pas terrible. Pas toujours facile d’être tout le temps à deux avec seulement l’autre pour faire retomber la pression… Le bled n’a pas l’air génial. Pour le coup, c’est très typique et nous sommes l’attraction de la soirée, tout le monde nous regarde, et se retourne sur notre passage. Nous finissons par trouver un petit bar, le seul en fait, une cerveceria qui ressemble à un PMU de chez nous. Tom prend une bière et je teste un truc local, un trago (fiole) de quelque chose qui ressemble à du rhum. Ambiance sympathique avec musique de xylophone en boucle et trois buveurs à la table d’à côté qui nous souhaitent la bienvenue. Déjà on se sent mieux. C’est simple, les gens sont adorables. On sort pour fumer une cigarette (la loi est très stricte ici) et on papote avec les dames qui tiennent le bar. Tous les gens qui passent nous observent. Une bande d’écolières passe puis repasse et s’arrête pas loin. Elles nous regardent du coin de l’œil (surtout Thomas d’ailleurs, qui en profite pour rouler des mécaniques) puis envoie le mec de la bande pour venir nous parler. On discute 5 minutes, c’est très sympa. On se fait aussi embêter par un clodo bourré et la mémé qui tient le bar le vire aussi sec! A l’intérieur, les trois poivrots nous répètent toutes les 10 minutes « Vive la France». Puis l’un d’eux vient nous parler. Il est bourré et édenté, et nous avons parfois du mal à le comprendre, surtout qu’il répète un peu la même chose. Mais très gentil! On retourne dehors avec lui et on se marre avec les dames du bar. Puis une camionnette s’arrête et un mec qui fait à peu près ma taille s’approche et regarde Thomas d’en bas avec curiosité. Il est bourré lui aussi et se fait houspiller par sa sœur qui veut partir. Finalement, ils restent à discuter tous les deux. On est morts de rire (aussi parce qu’on comprend pas tout), ça part dans tous les sens et puis finalement ils s’en vont. Le poivrot sympa nous offre une bière et un trago, bref, soirée géniale! On est restés bien 2 heures dans le bar, on a discuté avec plein de gens adorables, on a vécu local, on adore!! Bon, en contrepartie, j’avoue que j’ai fini un peu burracha moi aussi…. héhé

Du coup, on se dit qu’on va rester un peu dans le coin et le lendemain on part pour Nebaj. On attend le mini-van pendant 1 heure, il arrive plein et 5 personnes se précipitent à l’intérieur devant nous…. Pas de panique, on va tous rentrer! En effet, les gens s’entassent à 4 ou 5 sur les sièges, un homme, une femme et un gamin restent debout, tout comme celui qui s’occupe de récupérer les sous, Thomas se case à l’avant avec 2 autres personnes et je me retrouve assise à contre-sens sur l’arrière du siège passager avant en face d’une mémé. Et il y en a pour une heure! La dame debout est malade et commence à cracher dans un petit sac, puis c’est son fil qui est malade et vomit dans le sac, sac qui finira comme toujours balancé sur le bord de la route. Puis la dame est re-malade un petit coup… Les gens s’endorment petit à petit, tous sur l’épaule du voisin. Ils n’ont pas du tout la même culture du contact que nous! Au final, la mémé en face de moi s’endort, glisse sur son siège jusqu’à ce que ses genoux soient bloqués sur mon ventre, sa tête limite contre la mienne. Je peux plus bouger et ça tourne. Thomas est paralysé à l’avant avec les deux sacs sur les genoux. Avant d’arriver au village, on voit sur la route un bus couché sur le côté en plein milieu de la rue, avec l’avant complètement défoncé, les roues séparées du reste du véhicule. Ça calme…. Enfin quelques personnes descendent et la dame malade en profite pour se serrer contre moi et me coller son sac de vomi sur la main….. Après une heure de voyage qui en a paru beaucoup plus, nous voici arrivés dans un charmant petit village et c’est avec grand plaisir que nous décidons de glandouiller toute l’aprèm!

Nous passons 3 jours à Nébaj. Le temps de nous reposer, et de faire une petite rando avec une jolie cascade à la clé. Après ça, nous avons poursuivis notre route jusqu’à Lanquin et Semuc Champey, un bled et un hameau, qui ont pour grand intérêt une région magnifique et des grottes à visiter. Thomas, en manque, est tout excité, voit des dollines partout et commence à planifier une expé spéléo dans la région pour plus tard. (Avis aux amateurs!).

A Lanquin, nous allons donc visiter les grottes de Lanquin (étonnamment). Il s’agit d’une cavité assez sympa, avec des grands volumes, des tonnes de chauve-souris et plein de concrétions. Pas besoin de guides, le sentier souterrain est plus ou moins aménagé, ce qui est encore mieux!

Puis nous partons pour Semuc Champey en pick up, debout dans la benne, sur une piste bien comme on les aime. Le paysage est magnifique, c’est la jungle dans les montagnes. A midi, nous mangeons entourés d’un iguane géant et d’un perroquet tout mignon. Puis nous allons visiter la grotte de Kan Ba. Pour le coup, il s’agit d’une vrai visite spéléo guidée. Alors la spéléo au Guate, c’est pas tout à fait la même que celle qu’on connait. D’abord la tenue : maillot de bain, T-shirt et short pour les pudiques, tongues (avec une petite ficelle pour qu’elles ne partent pas) ; et l’éclairage se fait à la bougie. Il s’agit d’une rivière souterraine et les premiers pas dans l’eau sont bien froids. On a de l’eau jusqu’à la taille et il faut bien faire attention à ne pas mouiller la bougie. Ce qui est génial aves l’éclairage à la bougie, c’est qu’on voit vachement bien son propre bras, mais derrière, rien du tout… Tout se passe bien au début, puis ça se complique lorsqu’il s’agit de nager. Parce que nager d’une main en tendant l’autre bien haut au-dessus de l’eau, c’est déjà un peu ambiance, mais quand les tongues décident de se faire la malle, ça devient franchement galère. J’ai réussi à couler, à glisser, à tomber, à noyer ma bougie 10 fois, et Thomas est navré. La grotte comporte quelques passages “ambiance”, mais sans être très jolie, l’expérience est marrante. On finira la visite en tubbing, c’est-à-dire, qu’on descend la rivière jusqu’à l’auberge assis sur des chambres à air (les gringos ont encore trouvé un nom super classe pour un truc débile). Sympa !!

Après Semuc Champey, nous avons pris une navette pour Sayaxché, une petite ville perdue au milieu de la jungle du Péten. Dans le shuttle, nous sommes avec cinq israëliens qui ne font que râler du manque de confort et qu’il faut se serrer. A un moment, en rigolant, il le comparent même à un bus palestinien. Une bonne bande de touristes qui auraient mieux fait d’aller au club Med à Belize. Nous arrivons en fin d’après-midi, et nous nous installons dans un hôtel basique, mais qui comporte les stardards du confort guatémaltèque, ce qui nous avait manqué dans les chambres de Semuc Champey, pleines de cafards géants et autres insectes ésotériques.

Après une bonne nuit de sommeil, nous voilà à 7 heures du mat sur le quai du Rio Dulce. Nous cherchons notre batelier pour les ruines d’Aguateca, que nous avons rencontré la veille au soir dans la rue. Nous sommes visiblement les seuls voyageurs dans cette ville, et les seuls à envisager d’aller voir les ruines aujourd’hui. Et c’est donc seuls sur le petit bateau à moteur que nous embarquons. Après 1h30 de navigation à travers la jungle, ou plutôt ce qu’il en reste, nous voilà sur le site d’Aguateca. Il s’agit d’une ancienne ville Maya qui a été envahie et brûlée par des ennemis. La jungle a repris ses droits, et des explorateurs les ont découvertes il y a peu de temps. La restauration est en cours. En tout cas, nous sommes seuls sur le site. Architecturalement, ce n’est pas Macchu Pichu, mais cette ambiance donnée par les singles hurleurs et les toucans, donne une bonne ambiance à la Indiana Jones. Dans l’après-midi, nous revenons à Sayaxché et prenons le bus pour Florès.

Nous passons cinq jours à Florès, pour nous reposer avant de grand rush vers les USA, mais aussi pour visiter les magnifiques ruines de Tikal, bien restaurées et bien blindées de touristes. La ville de Florès est très touristique, et nous passons nos soirées dans les restos et les bars. Un bon repos en somme après ces 3 semaines agitées au Guatemala.