Après s’être un peu cherché en terme de façon de voyage, nous décidons de tester le stop. Ce moyen de transport nous paraît bien adapté pour sa gratuité, les rencontres qu’il permet et, disons-le franchement les potentiels moments de loose qu’il engendre. En effet, nous sommes dans une vallée magnifique mais peu fréquentée. Il nous est arrivé de regarder longuement la route déserte depuis notre arbre en bord de route en émettant quelques doutes sur nos chances d’être pris. Il faut dire aussi qu’avec nos deux gros sacs et notre look de baroudeurs, nous ne faisons pas très envie. Pourtant il faut croire que nous avons l’air sympa car nous n’avons jamais attendu plus d’1h10, sachant que cela doit représenter 10 à 20 voitures…
Cela nous permet de voyager de bien des façons non recommandées en France. Un Indien nous a pris une fois dans son express. Thomas est monté à l’avant et je me suis retrouvée à l’arrière donc dans le coffre avec les bagages et une cagette de bouteilles d’eau, qui se sont révélées bien utiles. En effet, nous avons traversé une partie de la vallée complètement désertique sur une piste et il fallait bien s’arrêter tous les 10 km pour ouvrir le capot à coups de poing et arroser le radiateur de 4 à 6 litres d’eau.
Le plus souvent se sont des pickups qui nous ramassent et nous montons dans la benne avec nos sacs. A l’arrière, avec nos coupes brushinguées, sur route ou sur piste, debout à 7 ou assis tous les deux, on s’éclate comme des gamins. La vue panoramique à 360° est magnifique.
Pas plus tard qu’hier, nous faisions 145 km dont 80 de pistes en 2h30 à l’arrière d’un pickup à travers un parc national très sec et ses champs de cactus, un plateau brumeux, et enfin la descente sur le versant sud humide et froid, à la végétation luxuriante (hémisphère sud oblige). Grâce à la conduite dynamique de notre chauffeur, nous avions l’impression d’être dans un rallye sur cette piste descendante, mal entretenue, étroite, au bord du vide. Ballotés au gré des pierres et des ornières, nous avons traversé des rivières – dont une qui était plutôt un torrent et devant laquelle les autres voitures étaient bloquées – , évité des chiens, des moutons et des vieux, rasé les murs et voitures en sens inverse, et tout ça à 80 km/h dans les lignes droites. Le plus drôle a commencé quand il s’est mis à pleuvoir. Lorsqu’on roulait, tout allait bien, car la vitesse nous protégeait de la pluie (il pleuvait pas des cordes non plus), mais dès qu’on ralentissait, là c’était plus tendu. Le summum a été lorsque nous sommes allés prendre de l’essence et là, nous nous sommes retrouvés un peu con à essayer de se cacher sous nos sacs. Le chauffeur, de pitié, nous a prêté son K-way. Il nous a mené jusqu’au centre ville où nous sommes descendus trempés mais heureux.
Je sens que vous attendez la loose car jusqu’à présent on n’a jamais attendu longtemps pour se faire prendre et on est toujours arrivé à destination dans de bonnes conditions. La voici : Sur ce fameux pickup donc, où nous avons passé plus de 2h sous la brume et la pluie (1er jour de mauvais temps d’ailleurs, je précise), et ben, je me suis chopée le coup de soleil de ma vie (j’étais en short, allez comprendre…). Me voilà donc depuis hier avec une moitié de chaque jambe cramoisie, la jolie marque bien nette de la chaussette… Évidemment plus de biafine et impossible d’en trouver à Salta; et pour couronner le tout, je peux plus marcher parce que ça fait trop mal. On est donc coincé dans notre auberge à looser, mais ça fait aussi du bien!
Argentine
je comprends mieux pourquoi (sur les photos)j’avais l’impression que Bob le homard avait déteint !