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La traversée de l'argentine

Adios Patagonia !

Après avoir découvert quelques uns des trésors de la Patagonie, nous décidons de remonter vers le nord, afin de traverser l’Argentine et ainsi rejoindre la Bolivie.

Cinquante heures de bus !!! Voilà le prix que nous a coûté cet exode. Depuis El Calafate jusqu’à Mendoza, en passant par Bariloche, où nous ne sommes restés qu’une dizaine d’heure (essentiellement nocturnes) dans la gare routière. Depuis les vitres du bus, l’Argentine semble être un pays désertique et extrêmement peu peuplé. Les nombreuses heures passent lentement, surtout que les pauses sont rares (une toutes les 6 à 8 heures) et courtes (10 minutes).

Holà Mendoza !

Nous arrivons à la gare routière de Mendoza [img20:droite](2 millions d’habitants) vers 8 heures du matin, et là, premier réflexe, nous nous posons à une terrasse de café pour nous ré-hydrater. Nous nous apercevons rapidement que cette ville nous plaît beaucoup. Dans la matinée, nous prenons nos gros sacs et montons dans un bus local blindé de monde, dans le but de nous rendre dans un camping en proche banlieue. L’opération nécessaire pour acheter deux tickets au milieu de la foule est évidemment un calvaire, mais les gens se montrent vraiment sympathiques. Ici, c’est à une machine qu’il faut s’adresser pour acheter un ticket, et non au chauffeur. Évidement, cette machine n’accepte QUE les pièces, or les braves commerçants d’Argentine ont tendance à ne rendre la monnaie qu’avec des billets. Pendant le reste de notre périple Argentin, nous passerons notre temps à essayer de récupérer un maximum de petite monnaie pour avoir de quoi se payer un bus…

Nous arrivons quelques dizaines de minutes plus tard dans une banlieue plutôt pauvre, et nous trouvons notre camping en nous adressant aux quelques personnes passant par là. Cette adresse nous a été recommandée par notre guide « Lonely Planet – South America on a shoestring». Lorsque nous arrivons à l’accueil, nous constatons qu’il s’agit là d’un beau camping familial trois étoiles avec piscine, végétation luxuriante (en plein désert), et tout plein de petites fioritures dont nous n’avons que faire. Le problème étant que le prix réel de l’emplacement est quatre fois supérieur à la celui indiqué dans le guide. Nous décidons tout de même de nous installer ici pour la nuit, et retournons en ville pour déjeuner. Nous passons l’après-midi à arpenter les rues du centre qui sont plutôt bien entretenues par rapport à ce que nous avions vu jusqu’ici en Argentine. Nous décidons de nous trouver un nouveau camping, et après quelques kilomètres dans les pattes, nous trouvons notre bonheur dans le parc San Martin (qui fait quasiment la taille du centre ville). Après un dîner sympa dans une des rues piétonnes du centre, nous rentrons au camping à côté du quel à lieu la fête annuelle de la Sainte Vierge de Lourdes avec concert géant auquel assistent des milliers de fidèles. Nous aidons un petit vieux qui quitte la fête à hisser la chaise roulante de sa femme sur le toit de sa voiture, sur laquelle il a également réussi à caler le vélo du gamin, la grille pour le barbecue, et divers objets ésotériques. Au camping, nous nous endormons au rythme des percussions du concert et du balais des hélicoptères de la télévision qui filment l’événement.

Le lendemain, après avoir déménagé vers le nouveau camping, nous décidons de retourner arpenter les rues de la ville. La veille, nous n’étions tombés que sur des rues calmes. Là, c’est tout le contraire. Toute bouillonne de vie, les rues sont remplies de piétons qui circulent sous une chaleur écrasante. Nous passons environ deux heures à dégotter un endroit où acheter à manger pour le soir. Nous finissons par tomber sur un « carrefour». La journée se finit sur un très bon dîner au camping, où nous testons la recette maison du guacamole, que nous avait montré un couple de français rencontré à El Calafate.

Troisième jour dans cette ville (incroyable, on se pose!!) très tranquille. On voulait aller faire un tour dans les montagnes environnantes, mais cela se révèle plus compliqué qu’on ce que l’on pensait et la perspective d’un nouveau bus nous fait rester en ville pour profiter un peu plus et faire un peu de shopping… Cette fois, nous restons dîner en ville pour profiter de la vie nocturne et en particulier de la place centrale très agréable.

Soirée géniale jusque là…

Alors que nous pensons prendre un bus qui nous ramène au camping, nous nous apercevons que nous ne reconnaissons pas les rues. Quelques minutes plus tard, nous sommes au milieu d’un bidonville où il ne semble pas bon descendre du bus. Heureusement, le bus atteint son terminus et fait demi-tour pour revenir dans le centre. Au lieu de descendre au premier arrêt qui aurait pu nous arranger, nous attendons un peu, et là, le bus reprend une direction inconnue. Nous finissons un bon quart d’heure plus tard dans une banlieue à peine plus reluisante que la précédente, et le chauffeur éteint la lumière du bus et nous demande de descendre. Nous sortons la carte de la ville et, dommage pour nous, impossible de savoir où nous sommes…
Bon, trêve de suspense, après quelques minutes passées à stresser, nous montons dans le premier taxi, qui nous ramène sans encombres vers nos duvets.

Le lendemain matin, nous quittons définitivement le camping pour nous rentre à la gare routière.

Les vallées Calchaquies

[img18:gauche]Dans l’après midi, nous prenons un bus de nuit pour San Miguel de Tucuman. Le service dans le bus est étonnant, voire déroutant. On nous passe un film dont je ne me rappelle plus le nom, qui est d’une nullité alarmante, et ensuite on nous passe « Fast and furious 2», et enfin, on nous repasse le même film dont je ne me rappelle toujours pas le nom, et qui n’est pas mieux que la première fois. Au delà du service audiovisuel, nous étions censés avoir un plateau repas. A deux heures du matin, nous sommes rassurés de voir qu’un gamin dépose des plateaux contenant des choses probablement comestibles sur les genoux des passagers endormis. D’autre part, les chauffeurs ont l’amabilité d’une porte de prison, et jusqu’à l’arrivée, nous ne ferons pas de pause excédant les 2 minutes.

Au petit matin, nous arrivons dans la gare des bus de San Miguel de Tucuman, mais nous patientons deux heures avant de découvrir la ville avec la lumière du jour. Ici, le soleil est aveuglant, et la chaleur matinale déjà torride. Après un rapide tour en ville, nous décidons de migrer vers les vallées Calchaquies, en commençant par Taffi del Valle. Après deux heures de bus et 2000 mètres de dénivelé, nous arrivons dans cette petite ville en bordure de la Cordillère des Andes en fin d’après-midi. L’ambiance est plus fraîche, ce qui ne nous déplaît pas, mais il s’agit par contre d’une ville très touristique. Mais à l’inverse de la Patagonie, ici, les touriste sont tous originaires de Buenos Aires.
Le lendemain, nous faisons une petite randonnée, et le jour suivant, nous décidons de changer d’air…

Nous avançons donc dans les vallées Calchaquies, mais nous décidons alors d’arrêter un peu le bus pour passer au stop. Après une heure d’attente au bord de la route, nous sommes pris par un couple d’argentins super sympas avec qui nous discutons tant bien que mal. Avec eux nous faisons 80 km en 2 heures (Il y a beaucoup de pistes dans cette partie de l’Argentine), et nous arrivons en milieu d’après midi à Amaicha del Valle, au milieu d’un désert de cactus qui n’a plus rien à voir avec la petite station d’altitude de la veille. Nous passons deux jours à Amaicha del Valle où nous logeons dans un camping très sympathique. Nous en profitons pour visiter les magnifiques ruines indiennes de Quilmes.

[img19:droite]Deux jours plus tard, nous décidons de migrer vers Cafayate, afin de remonter les vallées Calchaquies. Nous sommes pris en stop par un type fantastique qui nous présente sa vallée, et qui nous raconte quelques anecdotes intéressantes. Nous arrivons à Cafayate vers midi. Au départ, nous comptions y rester au moins deux jours, mais en voyant les campings blindés de bidochons argentins, nous décidons de mettre les voiles le lendemain matin. Dans l’après midi, afin de s’éloigner de cette atmosphère constamment bruyante, nous nous inscrivons à un tour de la Quebrada de la Concha en Minibus. Attraction hyper touristique, certes, mais qui nous a permis de découvrir quelques paysages extraordinaires comme la Garganta del Diablo. Le soir même nous passons une nuit blanche dans le camping de Cafayate grâce aux ondes sonores produites par l’ensemble des tentes voisines jusqu’aux premières lueurs de l’aube.

Furieux et fatigués, nous décollons donc de Cafayate avec pour objectif Cachi, à 130 km de là. Objectif ambitieux tout de même, car la majorité de cette route est une piste, et qu’on y dépasse difficilement les 40 km/h. Nous sommes pris en stop par une famille avec qui nous faisons une vingtaine de kilomètres, puis par un indien qui nous fait traverser une Quebrada dont j’ai oublié le nom et nous emmène à mi-parcours. Enfin, après déjeuner, nous montons à l’arrière d’un pick-up rempli de backpackers qui nous déposera quelques heures plus tard devant le camping de Cachi.
Plutôt fatigués, nous décidons tout de même de découvrir le village de Cachi le soir même. Même si la place est plutôt mignonne, le lieu ne présente pas vraiment d’intérêt.

Cachi représente la dernière étape des vallées Calchaquies, et un peu claqués par notre périple en stop de ces derniers jours, nous apprenons que le soir même doit avoir lieu une fête à côté du caming (oh non encore !!!). Nous décidons directement de prendre une chambre dans une auberge de jeunesse, après une journée passée à rien faire. C’est la première nuit dans un vrai lit depuis Buenos Aires, et franchement, ça fait du bien.

Le lendemain, nous attaquons le dernier trajet en stop de l’Argentine, et montons à l’arrière d’un pick up, avec un couple de jeunes. Le conducteur nous emmène à Salta en 2h30, alors que le trajet est donné pour 5 heures. Autant dire qu’il a fallu bien s’accrocher au barres à l’arrière. Par moment, nous roulons jusqu’à 100 km/h sur piste !!! Vers 16h, nous arrivons à Salta, allons à l’office du tourisme, et prenons un hostel pas cher dans la foulée. La journée se terminera dans les rues de la ville où nous croisons Denis, le gars avec qui nous étions dans l’avion (Londres – Buenos Aires), et avec qui nous avions passé la première journée à Buenos Aires.

Les trois jours passés à Salta nous auront permis de nous reposer complètement avant d’attaquer le pays suivant : la Bolivie. A la fin de ce séjour, nous prenons un bus de nuit qui part pour la Quiaca: la ville frontière avec la Bolivie. Nous arrivons là bas à 7h du mat, complètement claqués, et nous franchissons la frontière dans la foulée.

Après ce premier mois de voyage passé en Argentine, une question sera revenue régulièrement dans la conversation : Sommes nous fait pour ce voyage ? Un an c’est long quand même !

La réponse à cette question nous apparaît quelques minutes après l’arrivée en Bolivie…

Un commentaire sur le post “La traversée de l'argentine

  1. nicole montmessin le a dit:

    Mais non un an c’est pas ‘trop’ long, vous n’aurez peut être plus jamais cette opportunité. Et au pire vous reviendrez au bout de six mois.
    Bises à tous les deux et courage

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