[sstitre]Vers l’amazonie[/sstitre]
Après une semaine d’oisiveté à Sucre, nous prenons un bus de nuit pour la Paz, la capitale. Comme d’habitude, nous ne savons pas encore trop ce que nous allons y faire. Pendant le trajet, nous avons droit à un film exceptionnel : Le retour du ninja. Pendant la nuit, nous découvrons un nouveau concept : le froid. En effet, le chauffage du bus semble ne pas fonctionner et nous nous retrouvons à enfiler toutes les couches que nous avons sous la main pour ne pas finir gelés. Au petit matin, nous arrivons à la Paz dans le terminal des bus. A peine descendus, nous sommes littéralement harcelés par une horde de taxis. Le problème, c’est qu’il y a des chances que certains doivent être faux. On nous a déjà raconté l’histoire du gars qui monte dans un taxi. Ce dernier l’emmène dans une ruelle où l’attend un comité d’accueil prêt à le dépouiller. Nous devons donc choisir judicieusement, donc prendre un taxi dont le numéro de la compagnie apparaît sur le véhicule, regarder s’il y a bien une radio, demander sa carte de taxi et enfin, monter à l’avant. Si le chauffeur refuse que tu montes à l’avant, tu peut tout de suite aller en chercher un autre. Le taxi nous emmène donc à un autre terminal de bus qui permet de se rendre dans le nord du pays. Nous choisissons donc pour destination Coroico, un gros village à 4 heure vers le nord en combi : un minibus où on monte à 10 ou 15, selon le niveau de serrage voulu par le chauffeur.
[img30:droite]Une fois arrivés à Coroico, nous prenons place dans un Alojamiento, où nous découvrons qu’il n’y a pas d’eau chaude. En effet, ici, nous ne sommes plus qu’à 1700 mètres d »altitude et il commence à faire beaucoup plus chaud. L’eau chaude n’est donc pas nécessaire. Nous avons donc droit à un bonne douche bien gelée. Nous partons nous balader ensuite pour la campagne environnante où nous voyons quelques cascades sympa, mais pas de quoi fouetter un chat. Le village n’est pas beaucoup plus intéressant, et le lendemain, nous poursuivons notre route pour Rurrrenabaque, petite ville nichée au coeur de la Forêt amazonienne. Les 20 heures de bus représentent une expérience très enrichissante entre la piste pourrie ou nous faisons du 10 km/h de moyenne, le coucher de soleil extraordinaire sur la forêt, et les boliviennes qui ne se sont pas lavées depuis des semaines.
Le lendemain matin, nous arrivons à Rurre (C’est le diminutif de Rurrenabaque si on veut la jouer plus classe). Il n’est même pas 6 heures du matin, mais la chaleur est déjà étouffante. Nous allons rapidement nous installer dans un Hostal, et nous choisissons un guide pour la balade dans la Selva que nous ferons les trois jours suivants, et nous rentrons vite pour enchainer les douches froites et passer la journée à nous reposer du voyage difficile.
[sstitre]Dans la Selva[/sstitre]
Le lendemain, nous voilà dans la pirogue avec Eloi, un guide qui a tout d’un autochtone. Notre embarcation remonte le Rio Beni puis le Rio Honda pendant près de 2 heures et demi. A midi, nous posons pied à terre et suivons un sentier à travers la forêt qui nous mène à notre camp, situé à 10 minutes de là.Â
[img28:gauche]Après avoir investi nos « chambres » et déjeuné sur le pouce, nous partons marcher dans la forêt avec Eloi. Notre groupe est bien trop important : 8 personnes plus le guide. Avec autant de monde, difficile de pouvoir observer correctement la faune. Pour couronner le tout, 4 des membres du groupes sont des touristes modèles : anglophones incapables de comprendre ou de cracher le moindre mot d’espagnol, ils jouent également à tapper sur les arbres avec leurs batons et discutent très fort. Néanmoins, nous arrivons tout de même à observer des Cerdos (cochons sauvages), qui, forcément, fuient à notre apporche. La forêt a tout d’un endroit magique: des sons extraordinaires de singes, de perroquets variés, ou d’autres oiseaux, des couleurs extraordinaires et changeantes selon l’heure de la journée, ce côté muraille végétale, chaleur étouffante et humidité envahissante qui font que l’on se sent opressé en permanence. Bien que cette partie de la Selva soit dépourvue d’animaux dangereux pendant la journée, nous n’oublions pas de faire attention où nous posons les pieds et les mains. Un piqure végétale ou animale (fourmis, guepes, petites araignées) et vite arrivée. Thomas en sait quelque chose.Â
La forêt de jour est donc plutôt soft, et c’est après le dîner que la tension monte, car nous partons alors pour une petite expédition nocturne. C’est le même décor que quelques heures auparavant, et pourtant, Eloi redouble d’attention, et nous avançons beaucoup plus doucement que dans la journée. Il ne faudra que quelques minutes pour comprendre pourquoi. Quelques mètres plus loin, nous croisons une énorme araignée « Chichila » dont la piqure extrêmement douloureuse peut clouer quelqu’un au lit pour plusieurs jours. Le stress commence à monter, d’autant plus que cette araignée peut sauter sur ses victimes. Alors que nous faisons de plus en plus attention où nous allons, une tarentule grosse comme un crabe nous attend au milieu du chemin. Jamais je n’aurais imaginé qu’une araignée pouvait atteindre cette taille. Notre guide s’occupe de la faire rentrer dans son terrier et nous indique que la piqure de cette araignée peut être mortelle, vu sa taille. Le stress augmente encore d’un cran. Enfin, un peu avant la fin de la balade en forêt, un dernier obstacle occupe toute la largeur du chemin : un énorme serpent Pucara. Ce reptile est, selon le guide, extrêmement dangereux. En effet, sa morsure provoque la mort en deux heures. Nous contournons le monstre en sortant du chemin et en restant à bonne distance, car la bête peut lancer des attaques éclair.Â
En revenant au camp, les grosses blattes qui se planquent sous les lits nous font beaucoup moins d’effet, et nous nous endormons tranquillement par une chaleur torride dans notre moustiquaire.Â
Le lendemain, le groupe d’anglo-saxons pour qui nous avons fini par servir d’interprètes met les voiles (ils n’ont pris qu’une nuit). Nous partons donc à 4 avec notre guide avec pour thème aujourd’hui les arbres. Nous apprenons que la Quina peut guérir la malaria (à vérifier quand même), que le Uña degato a des vertus contre le cancer, Que l’on peut fabriquer du caoutchouc avec de la Gomma, et que la sève du Soliman, mélangée au sang, tue en quelques secondes. Beaucoup de choses très intéressantes donc. Nous terminons la journée en nous cachant dans les racines d’un arbre de 800 ans et en se balançant de lianes en lianes.Â
Le dernier jour est consacré à l’artisanat. Nous fabriquons des bagues en bois de Chonta, des colliers avec divers fruits colorés. Eloi nous montre l’art de polir le bois de Chonta avec des cailloux, de la terre et de la cendre. Après le déjeuner, nous nous en retournons à notre pirogue qui nous ramène en fin d’après-midi à Rurrenabaque. Nous garderons un excellent souvenir de ces trois jours malgré les millions de moustiques et la combinaison de la chaleur et de l’humidité à cause de qui nous étions tout le temps trempés.
[sstitre]La Paz[/sstitre]
Après la forêt, nous retournons à la Paz. 23 heures de bus avec une petite pause de deux heures car le bus est en panne. Nous arrivons dans la capitale au petit matin et nous nous installons dans un hospedaje que nous ont conseillé deux français que nous avons rencontrés quelques jours auparavant.
[img29:droite]Nous restons 3 jours à la Paz, et nous découvrons une ville de fous. Un bruit incroyable, des gens qui attendent par milliers sur le bord des rues pour vendre des trucs divers et variés. Ici aucun problème pour trouver des clopes, il s’en vend tous les 2 mètres et à un prix approchant les 0,5 €.
Nous nous baladons dans les rues, visitons le musée de la coca, fort intéressant, croisons 3 ou 4 manifestations chaque jour, prenons le collectivo pour certains de nos déplacements, et admirons les bouchons monstres de cette ville. Il s’agit là d’une ville bien attachante car il y a un tel désordre ici qu’à ce stade, c’est de l’art.
Nous quittons enfin la Paz pour la frontière avec le Pérou, mais ça, c’est une autre histoire…
Bolivie