La fin de la Colombie
Nous nous retrouvons à 7 heure du matin du le port sous une pluie torrentielle, puisqu’on nous a dit que d’habitude, un bateau part à cette heure là pour Puerto Olbadia, premier village du Panama. Or aujourd’hui, nous ne sommes que deux à l’attendre et le batelier nous demande un tarif exorbitant pour embarquer. Il part chercher d’autres passagers et en fait nous laisse tomber. Nous attendons un peu pendant que l’orage et le déluge du matin passent. Nous apprenons qu’en fait il n’y a plus de bateau ce matin, et qu’il y en aura peut-être un vers midi. En gros, ici, les bateliers font les horaires comme ça leur chante. Nous rencontrons un Colombien Américain qui rentre au Texas. Il arrive à nous débusquer le bateau d’un pêcheur qui accepte de nous emmener va là bas quand on veut. Finalement, nous sommes cinq à embarquer en fin de matinée puisque un couple du Costa Rica, qui voyage en Amérique du sud depuis deux ans, nous a rejoint. Nous avons quand même attendu 5 heures sur le port! Tranquilo, quoi!. Le trajet en barque est beaucoup plus tranquille que la veille, heureusement pour nos dos et nos fesses qui ne sont toujours pas remis. Mais au bout de quelques minutes de navigation, nous croisons un bateau de gardes côtes qui nous font vider en partie nos sacs (quand ils ont vu le bazar dans nos sacs à dos remplis à craquer, ils ont renoncé). Tout se passe bien, les gars sont plutôt aimable et une petite demie heure plus tard, nous repartons. Le trajet dure environ 45 minutes et nous arrivons à Puerto Olbadia en plein débarquement de troupes militaires panaméennes: la relève sans doute.
Puerto Olbadia, premier pueblo d’Amérique centrale
A peine arrivés sur le sol de Panama, il nous faut vider nos sacs en intégralité devant des militaires gantés et masqués, puis montrer notre passeport. Ensuite nous nous rendons au bureau de l’immigration pour obtenir le tampon d’entrée. Là aussi deux types avec gants et masques nous posent des question dans le style : Quel est votre travail en France ? Avez vous suffisamment de cash sur vous pour ne pas devenir clodo à Panama ? Où est votre billet d’avion pour repartir d’ici ? Bon, on s’en sort pas mal, en tout cas mieux que le Colombien qui devra repartir à Turbo, car il n’a pas les 600 $ en cash règlementaires sur lui. Après avoir fait deux photocopies de nos passeports à nos frais, nous obtenons le précieux tampon. Une fois dans la rue, nous nous apercevons qu’ici les gens sont cools. Tout le monde a l’air de trainer alors que nous sommes en pleine journée et en semaine. Nous comptions à l’origine prendre l’avion pour Panama Ciudad d’ici, mais l’aéroport est fermé pour travaux d’agrandissement (Selon les locaux, il sera réouvert dans 3 mois, donc comptez un an). Nous apprenons qu’il y a un aéroport sur une île pas très loin d’ici, mais le bateau ne part que le lendemain matin. Pour plus d’informations, on nous demande de trouver le responsable de la compagnie aérienne. A force de recherches, nous finissons par le trouver : il s’agit d’un type qui se balade comme ça dans la rue (oui, c’est des bosseurs ici !). Nous nous inscrivons sur la liste des passagers du vol de 11h30 et nous apprenons que le bateau pour nous rendre sur cette île coutera 25 dollars par personne pour 1h15 de bateau: de l’arnaque en somme, mais nous n’avons pas le choix, il n’y a pas d’autre bateau. Nous déjeunons en « ville» et passons l’après-midi dans les hamacs de la cour intérieure de l’hostal. Le soir, pas de restaurant ni même de cantina, tout est fermé. Nous trouvons une « tienda» où nous achetons une sauce tomate et nous nous faisons quelques pâtes grâce à la popote et au réchaud que nous avons depuis le Chili. Ce soir là, pas de lutte avec nos amis les cafards, mais nous en trouvons quand même un mort dans cuvette des toilettes.
C’est le quatrième jour où nous nous réveillons un peu avant six heures. Ce matin nous avons un peu les nerfs puisque trois gars discutent bien fort sous notre fenêtre depuis au moins une heure. Après nous être habillés, nous filons directement dans la maison de la compagnie aérienne pour voir comment ça se passe. Une dame nous dit que nous devons peser nos bagages, que le bagage à main ne doit pas excéder les 5 kilos, et que nous devons nous débarrasser de tout ce qui est bombonne de gaz, briquet ou répulsif à moustiques. Donc nous commençons par refaire intégralement les sacs à l’intérieur du local. Ces imbéciles nous pèsent les sacs n’importe comment et nous verrons quelques minutes plus tard qu’ils ont inventé 8 kilos qui n’existent pas, mais rien à faire, c’est compté, c’est compté. Nous aimons les gens obtus, c’est un vrai régal!
Bref c’est la fête et nous commençons à monter au créneau avec ces gens qui une fois derrière leur bureau se révèlent être de vrais connards (désolé, il n’y a pas d’autre mot). Nous nous séparons à regret de la bombonne de gaz du réchaud qui est quasi-neuve, du répulsif à moustique qui nous a coûté 8 euros (en France) et du couteau suisse qui est confié au pilote de l’avion dans un petit sac turquoise (que nous reverrons normalement à l’arrivée). Les règles de sécurité sont donc bien oppressantes ici. Nous hallucinerons quand nous verrons le pilote avec des lunettes!
Nous partons vers 9h30 avec le bateau, nos bagages bien emballés dans des sacs plastiques pour ne pas être mouillés. L’embarcation ressemble au bateau du deuxième jour, mais en plus petite. Nous avons donc mal aux fesses, mal au dos, mais en plus nous sommes trempés. Nous arrivons à 11 heures à Isla Tubala dans un terrain vague avec un piste d’avion au milieu. Là nous payons 1 dollar de taxes d’aéroport (Là ça défie toute concurrence par contre) et nous embarquons dans le coucou qui nous sert d’avion avec le Colombien qui vient de nous rejoindre. Lui galère beaucoup plus que nous pour toutes les étapes de contrôle au cours du voyage.
Bienvenidos a Panama
Après 45 minutes de vol, nous atterrissons à Panama Ciudad. A peine sortis de l’avion, un flic nous prend à tous nos passeports, sans explications, et nous payons l’avion (50 dollars chacun + 7 $ pour l’excédent de bagages chacun). Nous récupérons donc nos bagages, et les douaniers nous emmènent dans une salle ou ils fouillent nos bagages en intégralité : ils ont même palpé Bob le homard ! C’est tout de même la troisième fois en 2 jours. Bob en est tout rouge! Ensuite on nous emmène dans une petite pièce où on nous pose plein de questions: Avez-vous un billet d’avion pour repartir d’ici ? Avez vous de l’argent ? Quel est votre travail en France ? Bref, ça sent le déjà vu et ça dure longtemps: entre les interrogatoires, les fouilles et les attentes (parce qu’ici il n’est pas permis de se balader dans l’aéroport, il faut donc attendre à chaque étape que tout le monde ait fini pour passer à l’épreuve suivante), nous quittons l’aéroport, passeports en main, une heure et demie plus tard. Nous n’avons pas eu droit aux chiens renifleur… Un peu déçus…
Après avoir pris un taxi, nous arrivons dans la ville pour y chercher un toit pour la nuit. Et là, horreur, impossible de trouver une chambre double à moins de 25 dollars la nuit. On nous avait dit que la ville n’était pas chère, et ben c’est pas vrai. Plus tard dans la journée, nous réalisons que nous avons oublié de récupérer le couteau suisse. Damned !!! Le premier soir, nous demandons à la dame de l’hôtel où sortir, et elle nous indique le quartier branché de la ville, qui est, selon elle, merveilleux, fantastique, aucun superlatif ne manque. Nous nous y rendons donc, et là, nous découvrons une espèce de zoo rempli de fils à papa et de pouf décolorées et habillées comme des sapins de noël. Bref, complètement notre genre. Au vu des tarifs qui n’ont rien à envier à ceux du Bogota chic. Après un petit cocktail hors de prix, et un burger acheté et dégusté sur un parking (faut bien équilibrer le budget, sinon on ne s’en sort pas), nous rentrons vers l’hôtel. Demain, c’est décidé, nous quittons cette ville, mais avant, il faut que nous trouvions le guide lonely planet de l’Amérique centrale. Bon c’est clair, on critique souvent le lonely, mais ça permet quand même d’avoir quelques points de repère. Le lendemain, nous voilà donc dans un espèce de centre commercial ultra moderne où nous trouvons le fameux bouquin dont nous nous portons aquereurs en échange de quelques billets verts. Quelques heures plus tard, nous voilà dans le bus pour Santiago. Nous profitons de ce moment de bus pour feuilleter le bouquin. Rapidement, nous nous apercevons que Panama, c’est hyper cher. Donc, après une nuit passée à Santiago où nous n’avons vu que le terminal et une autre journée de bus, nous voilà devant la frontière avec le pays suivant.
La frontière avec le Costa Rica
Nous commençons à avoir l’habitude. A Paso Canoas, nous faisons tamponner le passeport pour sortir du Panama, et on se pointe au guichet suivant (à l’autre bout du village en fait) pour faire tamponner l’entrée au Costa Rica. Et là, la nana du guichet nous sort que nous devons posséder un billet de sortie du pays pour pouvoir y rentrer. Et notre billet d’avion à 3000 euros alors ? Ben non, ça marche pas, l’avion ne décolle pas du pays. Comme si on allait cracher du notre tour du monde pour devenir clodos dans ce pays. Enfin bon. Un bus est censé passer à 17h30, à ma montre c’est dans une heure, et il paraît qu’il vent des billets pour aller au Nicaragua. Nous attendons dans cet endroit presque glauque. Au bout d’un moment, l’heure est passée, et toujours pas de bus. Je demande à la nana, et là elle me dit qu’il est une heure de moins que ma montre. Damned, il est donc de nouveau 16h30. Il reste donc une heure à attendre. Quand l’heure vient, le bus n’est toujours pas là. Il finira par arriver une demie heure plus tard pour nous vendre nos précieux billets. Après avoir obtenu ce fameux sésame, nous prenons nos sacs pour bouger, mais, trop tard, c’est l’heure de l’épisode torrentiel quotidien. Pas question de rester ne serait-ce qu’une seconde sous la pluie, sous peine de voir toutes nos affaires imbibées d’eau. Après une demie heure, nous mangeons dans un resto pourri et nous trouvons un hôtel dans un bar type PMU. La chambre a une vue imprenable sur le guichet ou nous avons passé presque 3 heures.
Le Costa Rica
Le matin suivant, nous voilà dans le bus, direction la capitale : San José. Pour traverser un grande partie du pays, il nous faut 9 heures. Ce qui est exceptionnel, c’est que le bus est blindé. Mais à tel point que certaines personnes qui payent le même prix que nous, restent debout pendant la plus grande partie du trajet. Nous arrivons en fin de journée dans la grande ville. Après avoir pris un taxi pour nous rendre au centre, nous prenons un bus pour Heredia, ville de la banlieue, qui sera sans doute moins chère. Ah oui, au fait, ça fait des mois qu’on nous rabache que ce pays est cher, et vu les prix des hotels dans le guide, nous préférons chercher le moins cher possible, histoire de ne pas finir le budget en une semaine.
Nous tournons donc avec nos sacs sur le dos dans Heredia pour trouver un hotel qui ne ruine pas le budget journée. Difficile de trouver quoi que ce soit à moins de 30$ la nuit. Pourtant, la ville est pourrie. A un moment, nous tombons sur un hôtel à 15$, mais c’est tellement sordide que nous continuons à chercher. En fin de compte, après 2 heures de recherches, nous trouvons un hôtel passable à 18$. Bon, ça ira. Nous cherchons un endroit où prendre un apéro après cette journée difficile, mais nous ne trouvons qu’une cafétéria, qui fera finalement l’affaire.
Bon, avec nous budget, nous réalisons vite que nous n’avons pas les moyens de faire quoi que ce soit dans ce pays. Le jour suivant, nous faisons le même chemin en sens inverse jusqu’à San José, et nous voilà dans un bus pour le Nicaragua.
Le Nicaragua
Un petit hic pour franchir la frontière. Au niveau des tampons, ça ne pose aucun problème, par contre en voulant changer de l’argent, un des gars qui change nous arnaque de 25$, et lorsque nous comprenons ce qui s’est passé, évidemment, le gars a disparu. Nous restons zen, ce qui nous fait plutôt plaisir, puisqu’à une époque, on aurait été tenté d’écrire sur le blog, faute d’avoir un psy sous la main.
Nous avions au départ, prévu d’aller à Managua. Nous apprenons que le bus s’arrête aussi à Granada, ville qui nous semble intéressante et nous demandons si c’est possible de nous y arrêter. Le chauffeur répond qu’il n’y a aucun problème. Quelques instants plus tard, nous apprenons qu’il est également possible de s’arrêter à Rivas, proche du lac Nicaragua et de l’île d’Ometepe. Nous demandons si c’est possible de nous y arrêter. Le chauffeur répond qu’il n’y a aucun problème. Il est vraiment patient ce gars là, c’est cool !
Nous nous arrêtons donc à Rivas, passons la nuit dans un hôtel pas cher avec un ventilo qui fait un bruit épouvantable. Au petit matin, vers 8h, on nous apprend que si nous ne voulons pas payer une nuit de plus, nous devons libérer les lieux à l’instant. Quelques minutes plus tard, nous voilà au bord de la route avec nos sacs et nos valises sous les yeux à nous faire harceler par les taxis qui veulent nous arnaquer pour nous emmener au bateau qui va vers l’île. Nous, nous attendons le bus car nous savons qu’il est clairement moins cher, et d’ailleurs, le voilà qui arrive. Après dix petites minutes de bus, nous voilà en train d’embarquer sur le bateau. Le lac est tellement grand qu’on a l’impression qu’il s’agit de l’océan, les vagues en moins. L’île est déjà impressionnante vu d’ici. Deux volcans se détachent dans le lointain, et au fur et à mesure du voyage, nous les voyons grandir et devenir de plus en plus imposants.
Nous pensions débarquer dans la grande ville de l’île, mais il semble que nous ne nous soyons trompés de bateau, car nous sommes dans un bled avec trois maisons. Bof, pas grave, on va tâcher de découvrir cet endroit. Après un petit déjeuner local pour pas cher du tout, nous trouvons un hôtel qui fait aussi bar et resto avec des transats tout au bord du lac (en fait, notre chambre est à moins de 10 mètres de l’eau). Nous restons à glander pendant les heures chaudes de la journée, et nous nous baladons ensuite dans une réserve naturelle toute proche où nous voyons quelques variétés d’oiseaux assez originales et nous assistons à un coucher de soleil mémorable en rentrant. A l’auberge, nous croisons un belge plutôt sympathique avec qui nous décidons de faire le sommet du grand volcan « Conception» le lendemain. Pour faire cela, nous avons besoin d’un guide, bien sur, et nous demandons à notre hôtesse d’en appeler un. Le guide arrive en début de soirée pour discuter, accompagné d’un type énorme qui se présente comme son manager. Le guide commence à aligner trois mots, mais rapidement, son « manager» lui coupe la parole et nous raconte que pour le sommet du grand volcan ça coûte 15 $ chacun, mais ça va être chaud, puisque on ne peut pas monter jusqu’en haut, par la faute de l’activité volcanique du moment. Bon, soit, alors combien coûte le petit volcan, le Maderas ? 80 $ pour les trois, répond-il. Non mais tu te fous de nous ? 80 $ pour une balade de quelques heures ? Il nous raconte qu’en fait c’est le taxi qui coute l’essentiel du prix, mais à notre avis, il s’en garde aussi une grosse partie ce manager de mes c…. Enfin bon, nous le remercions et lui disons que nous allons nous passer de ses services. Avant de partir, il essaie de nous apitoyer et nous réclame de l’argent pour le dérangement. Ha Ha Ha, c’est ça ouais !
Le lendemain matin, nous partons pour l’autre bout de l’île. Notre bus nous emmène jusqu’à un embranchement, d’où nous devons marcher une demie heure à pieds pour rejoindre le village de Balgue dans lequel se trouve l’accès le plus direct au volcan. Nous progressons sur la route avec nos sacs à dos en pleine chaleur. La bouteille d’eau se vide rapidement, et nous ne sommes plus que les ombres de nous mêmes lorsque nous arrivons dans le village. Nous trouvons un hôtel très sympa dans le même style que le premier, mais sauf qu’il faut marcher une bonne minute pour arriver jusqu’à la plage (dur !). Ici, notre hôte nous dit que le guide pour le volcan coûtera 10 $ chacun, voilà qui est beaucoup mieux que les 80 de la veille. Les prix semblent beaucoup fluctuer sur cette île.
Le soir même, nous décidons d’aller manger au comedor du coin pour tenter de maintenir notre budget à flots et après une bonne nuit de sommeil, nous nous levons pour aller affronter le volcan Maderas. Nous retrouvons Marvin, un autochtone qui va nous servir de guide pour la journée. Ce dernier fait un détour par chez lui pour prendre deux ou trois petites choses pour la journée. Au passage, nous nous apercevons qu’il ne se vautre pas vraiment dans le luxe. Nous partons ensuite à l’assaut de la montagne. Il n’est que 7 heures du matin, mais la chaleur est déjà étouffante, et monter par ces températures nous fait grandement transpirer. Marvin est un guide intéressant et a beaucoup de choses à raconter. Pas trop sur le volcan en lui même, mais plus sur sa vie, sa famille, son pays. Ça nous permet d’en savoir un peu plus sur le Nicaragua, et ça nous intéresse pas mal. Après quelques heures de montée et 1300 mètres de dénivelé plus haut, nous voilà au bord du cratère, qui est recouvert d’un jungle luxuriante et étrange. Nous descendons alors au fond du cratère qui est occupé par un grand lac au bord duquel nous déjeunons et faisons la sieste. A cette altitude, il fait bien meilleur qu’en bas, et AnneK apprécie énormément. Le retour n’est pas très différent de l’aller, mais nous arrivons à voir quelques singes, se reposant dans les arbres.
Granada
Après cette journée rando plutôt sympathique, nous décidons de quitter l’île, et quelques bus plus loin, nous voilà à l’embarquement du ferry qui nous ramène à San Jorge. A peine débarqués, nous devons résister aux taxis qui nous mettent la pression pour nous emmener à Rivas, alors que nous savons qu’il y a un bus. Certains vont même jusqu’à nous dire que le bus ne passe pas aujourd’hui, alors que c’est faux, puisque 25 minutes plus tard, nous montons dans le bus qui s’arrête au bord de la route. A Rivas, nous prenons un bus pour Granada, et une heure et demie plus tard, nous voilà dans cette ville, connue pour être la plus sympa du pays.
Nous passons une semaine à Granada. Nous avons notre cantine du midi où nous prenons un burger pas trop mauvais et notre resto du soir qui est le moins cher de la rue à Gringos. C’est celui qui sert les meilleurs Mojitos et surtout les moins chers. Nous passons presque tous les jours au mercado central qui a une ambiance terrible avec ses petites allées couvertes. A chaque fois, nous y achetons une douzaine de bananes pour presque rien. La semaine se passe dans un hôtel qui a un standing un peu plus élevé que d’habitude. Ça nous permet surtout d’avoir Internet dans la chambre, car nous avons pas mal de boulot à rattraper sur le blog. Un soir, nous rencontrons un couple de québécois que nous avons déjà croisés dans le terminal de bus de San José au Costa Rica. Nous passons deux soirées super sympa avec eux. Dieu que ça fait du bien de parler en Français de temps en temps. Nous avons aussi pris le temps de visiter le volcan actif Masaya, tout proche, ainsi que le marché à touristes de la ville de Masaya. Donc tout se passe bien cette semaine là, mais le temps passe, et c’est déjà le moment de quitter cette ville qui nous a beaucoup plu.
Le Honduras
Vient alors une période où nous enchaînons de nouveau les bus. Nous quittons Granada pour Managua, où nous prenons directement un bus pour Esteli où nous passons une nuit. La ville n’étant pas intéressante, nous continuons notre route vers le Nord et la frontière du Honduras que nous passons sans problèmes. De la frontière, nous prenons un bus pour Tegucigalpa, la capitale, et dans la même journée, nous décidons d’orienter notre destination vers Isla Utila, où nous comptons passer notre semaine de plongée sous marine. Après un petite erreur dans le choix du bus, nous réalisons que nous ne partons pas dans la bonne direction, mais nous arrivons à corriger notre erreur après 3 heures de trajet, et dans la soirée, nous arrivons à Comayagua, où nous passons la soirée. Ici les gens sont super gentils avec nous. Ça nous change un peu des zones touristiques où les autochtones nous prennent pour des portefeuilles ambulants. Le lendemain matin, nous prenons un bus pour San Pedro Siula, ville dangereuse à ce qu’il parait, et c’est dans le terminal des bus que nous apprenons qu’un tremblement de terre de 7,5 sur l’échelle de Richter a eu lieu l’avant veille. Nous étions au Nicaragua et nous n’avons rien senti (dommage !), mais quelques bâtiments et quelques ponts semblent avoir été détruits. Dans le même terminal des bus, nous apercevons une armurerie (des fois que t’aie envie de t’acheter un 457 Magnum entre deux bus). Et nous fonçons ensuite à La Ceiba où nous passons notre dernière nuit sur le continent. La Ceiba ne semble pas mieux lotie que San Pedro, puisque la majorité des habitants sont armés: les jeunes, les mémés, les clodos, etc… Sympa, ça me rassure le soir quand je sort seul dans la rue pour aller me chercher un burger au Wendy’s du coin. Le lendemain, c’est grasse matinée, et nous trouvons enfin le maillot de bain que nous cherchions depuis des mois pour AnneK. Après un déjeuner rapide, nous embarquons sur le ferry qui nous emmène sur l’île d’Utila.
Isla Utila
On en rêvait depuis quelques temps, nous y voilà enfin!
Nous sommes arrivés sur l’île d’Utila au nord du Honduras il y a une semaine, après avoir traversé le pays d’une traite (ou plutôt de deux traites parce que le premier jour, on s’est planté de direction avec le bus…). Nous ne nous sommes pas attardés dans les grandes villes, tout le monde nous a parlé du danger qui y existe.
Nous prenons le bateau à La Ceiba, ville sans intérêt si ce n’est que nous m’ avons trouvé (enfin) un maillot de bain!! youpi! C’est pas trop tôt, certes, mais il est très joli!
Nous arrivons à Utila en fin d’après-midi, sans trop d’infos pratiques sur les logements et les centres de plongée. Heureusement, une foule de racoleurs nous attend au port, et surprise : ils sont majoritairement blancs et parlent tous anglais…. Nous nous rendons très vite compte que l’île, qu’on pensait touristique, est en plus un vivier de gringos. Le Honduras devient un concept, l’espagnol un dialecte, les prix flambent, les anglophones sont rois; bref, tout ce qu’on aime. Tant pis, on reste, on se trouve un centre pour passer le PADI (formation de plongée qui a pour but de nous rendre autonome sous l’eau) et c’est parti!
Les cours ne commençant que le lundi, ça nous laisse le dimanche de libre et nous décidons de faire un peu de kayak et de « snorkeling» (ou masque-tuba), gracieusement prêtés par notre centre. Au fait, j’ai pas précisé, mais il faut savoir que je ne suis quasiment jamais allée à la mer parce que j’aime pas l’eau, j’aime pas le soleil, j’aime pas la chaleur, j’aime pas le sable, je déteste les algues, j’ai peur des poissons, et j’ai horreur des maillots de bain. Euh…. Qu’est-ce que je fais là, déjà??!
Comme il n’y a qu’un kayak, nous montons dedans à deux (ok, on sait maintenant que c’est pas malin), prenons un masque et un tuba avec nous et partons vers la plage de l’autre côté de la baie. Sauf que évidemment on est trop lourd et on coule au milieu du trajet. On perd, évidemment toujours, le masque et le tuba qui n’étaient pas accrochés, on ramasse le reste et on essaie de nager vers la rive. Sauf que je panique, que j’ai du mal à nager avec, dans les mains, la rame, la bouteille d’eau, la crème solaire et une tong de Tom et que le kayak ne flotte pas beaucoup. Tom nous traine donc, le kayak et moi, jusqu’à la rive où nous attendent plein de crabes et des algues. Je finis par remonter sur la terre ferme (après une petite crise) et rentre à pied, pendant que Tom repart comme une balle en kayak au centre. Une fois là-bas, le ton monte un peu car ils nous ont dit qu’on pouvait aller à deux dans le kayak et veulent qu’on rembourse le masque et le tuba; mais tout finit par s’arranger, ils nous en font cadeau à condition qu’on vienne à la soirée organisée par le centre le soir même. Premier contact avec la mer un peu tendu!
Nous ne nous laissons pas démonter et repartons l’après-midi même avec des kits de snorkeling dans la baie, à pied cette fois! Ma première session commence de manière très comique : impossible de mettre le masque (on peut plus respirer par le nez), puis il y a les algues, et les poissons… Finalement, après beaucoup de patience de la part de Thomas, on arrive à s’éloigner, à rejoindre la barrière de corail et à admirer la vie sous l’eau. C’est magnifique! Il y a des poissons de toutes les formes et de toutes les couleurs, le corail, bien qu’un peu abîmé, est très joli…. Wouah! Ça fait bizarre de voir tout ça! Par contre, on a passé l’après-midi le dos au soleil et ça va se faire sentir pendant les trois jours suivants…
Le lendemain, nous commençons notre formation PADI. Le PADI a Utila, c’est, d’après ce qu’on nous a dit, le moins cher du monde : 260 $, logement compris, pour 4 jours de formation (soit une partie théorique en salle, puis 2 plongées dans le port à faible profondeur, 2 plongées à 12 m, 2 plongées à 18 m) et 2 plongées « gratuites». Nous apprenons la théorie en français heureusement, et nous faisons un perfect aux tests, malgré les mises en scènes débiles à l’américaine présentes dans les vidéos pédagogiques! Nous apprenons aussi que le but du PADI est, je cite, « de sortir de son trou, de rencontrer des gens cools et de faire des activités qu’elles sont trop bien». C’est ainsi que dans notre centre à gringos qui se la joue people, nous découvrons quelques spécimens de l’espèce humaine, comme le « blond», qui incarne le concept : blond (évidemment), cheveux longs, un peu enrobé, mais en T-shirt, on a l’impression qu’il est baraque, vend des space cake en soirée mais n’a pas la monnaie, et s’appelle Brad…. Ça ne peut pas s’inventer! Ou comme les trois pouffes qui vont plonger avec boucles d’oreilles, percing au nez, et surtout mascara; parce qu’il est très important d’avoir de jolis yeux derrière son masque horrible….
Notre instructrice est très sympa et très patiente et réussit à me faire descendre sous l’eau, ce qui n’était pas gagné d’avance. En plus, j’ai mal aux oreilles (mais on a trouvé une solution). Par contre, Thomas s’en sort à merveille et réussit tous les exercices du premier coup, par contre, il ne comprend rien à ce que l’instructrice lui raconte avec son accent anglais canadien hyper prononcé. Heureusement que je suis là pour lui traduire et que sous l’eau, on ne parle pas!
Au final, on a vu plein de jolis trucs comme des poissons de toutes les couleurs, une raie, un hippocampe (c’est trop mignon et ça s’accroche avec sa queue autour des petit arbres sous l’eau – je sais pas comme ils s’appellent, les petits arbres), des barracudas et même un requin!!!!!!!!
La plongée, c’est vraiment chouette, on a l’impression d’être dans un aquarium géant trop beau. Par contre, on respire comme dans un respirateur pour vieux, et c’est presque complètement débile parce qu’il faut apprendre à tirer la tronche tout le temps car dès qu’on sourit l’eau s’infiltre dans le masque et il faut le vider, ce qui fait rentrer l’eau dans le nez et ça pique.
En dehors de la plongée, l’île est très jolie, les plages sont magnifiques. Au niveau culturel, c’est zéro! On n’a pas du tout l’impression d’être en Amérique centrale. Tout le monde parle anglais, on en oublie notre espagnol… Les gringos sont partout, les resto sont chers, les cocktails sont mauvais. Bref pour nous ça a été semaine pâtes à la tomate dans la cuisine de l’hôtel, et petit cocktail apéro dans les bars donnant sur la mer quand même! Il fait une chaleur torride ici, la saison des pluies n’est pas encore là. C’est marrant parce que sur le continent c’est la drache quotidienne. On dégouline de transpiration, Thomas colle aux murs… On vit parmi les iguanes et les geckos. On est bercés par la terre qui danse le rock’n roll plusieurs fois par jour et, comme l’hôtel est sur pilotis, ça tangue bien (mais bon, c’est pas trop violent quand même, mais des fois ça donne le mal de mer).
La fin du Honduras
Après ces quelques jours passés à Utila, nous repartons sur le continent, dans la direction de la frontière avec le Guatemala. Avant de passer la frontière, nous nous arrêtons à Copan pour voir les ruines. Mais la visite des ruine nous paraît chère par rapport à l’intérêt qu’elles représentent. Nous passons la soirée là et dînons avec Katarina (que nous avons déjà croisé à la frontière Costa Rica – Nicaragua). Le lendemain, nous prenons un shuttle avec elle, direction Antigua, Guatemala.
Panama