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La Colombie

En pleine psychose

Nous sommes en plein démarrage de grippe porcine, ou grippe mexicaine, ou grippe A, le nom change tous les jours. Dès le poste frontière, le douanier chargé de tamponner le passeport nous demande si nous n’avons pas les symptômes. Tout le personnel porte des masques et des gants en plastique ici. C’est la première fois que nous en voyons. L’Équateur ne semble pas encore trop concerné par cette histoire. Depuis le poste frontière, nous prenons un taxi partagé pour la ville la plus proche où nous embarquons dans un bus de nuit pour Bogota, la capitale de la Colombie. Le voyage se passe plutôt bien, et nous arrivons au petit matin dans le terminal de cette ville qui semble bien polluée. Nous n’avons pas l’intention de visiter cette ville. Cela dit, AnneK a envoyé un e-mail il y a quelques temps à José, un ex-colocataire qui vit justement à Bogota. Jusqu’alors nous n’avons pas eu de réponse, mais justement, ce matin là, nous voyons qu’il a répondu. Nous lui passons un coup de téléphone, et nous arrangeons un rendez-vous pour le soir même. En attendant, nous allons nous poser dans un hospedaje dans le quartier de la Candelaria.

Bogota ou le craquage de budget

[img46:gauche]Le soir, nous retrouvons José sur une place du centre : le parque 93. De là, nous découvrons un des lieux branchés de la nightlife de Bogota. C’est tellement branché que les prix sont quasiment les mêmes qu’à Paris (5 € le cocktail). Nous qui vivons depuis quelques mois avec 15 € par jour et par personne, d’un coup, ça nous fait un peu drôle de dépenser une journée de budget en une heure. Le lendemain soir, nous découvrons un autre quartier encore plus branché, dans les alentours du centre Andino. Les terrasses de café sont nombreuses et bondées, il faut dire que nous sommes la vcille du 1er mai, qui est férié ici aussi. Nous nous installons sans une espèce de bar lounge qui est encore plus cher que la veille. Gloups ! Nous finissons la soirée dans un pub, le Bogota Beer Company dont les tarifs sont moins agressifs.

[img47:droite]Après ces deux soirées de découverte des lieux branchés, nous passons un peu plus de temps avec José et Ana-Maria, sa copine, qui sont maintenant en week-end. Nous quittons la ville pour la journée, et allons visiter une mine de sel vers le nord, dans laquelle a été aménagée une cathédrale. Nous passons ensuite la soirée chez « Andres Carne de Res», un bar restaurant boîte incroyable, à la décoration géniale et à l’ambiance unique. Bon malheureusement, c’est hyper cher, on s’en tire à 20 € par personne en faisant attention à ne pas craquer, mais cela dit, ça vaut largement le coup. Le dernier jour à Bogota, José nous emmène voir le centre, qui est rendu piéton, comme tous les dimanches. Il y a énormément de monde et d’ambiance dans les rues. Le fantôme de la grippe est là puisque quelques personnes portent des masques.

Une semaine de repos complet

En fin d’après-midi, nous quittons le terminal de Bogota avec un bus de nuit, pour nous rendre dans le nord du pays. Notre choix se porte sur Taganga, petit village de pêcheurs, à 5 minutes de Santa Marta, grosse station balnéaire de la côte des Caraïbes. Sur place nous découvrons un petit village dont les rues ne sont pas encore goudronnées avec une jolie plage et effectivement, des bateaux de pêcheurs. Après avoir tourné un peu, nous trouvons une chambre immense, vraiment bien décorée assortie d’une petite terrasse avec une table, deux chaises et une magnifique vue sur la baie. Le tout pour un prix de l’ordre de 13 € la nuit pour deux. C’est notre petit craquage, nous restons là quatre nuits pour nous reposer. Cette chambre est tenue par Sébastien et Emilie, un couple de belges super sympathiques. Par contre, nous nous apercevons assez vite que Taganga est un bled envahie de gringos, et les prix sont en fonction. Nous ne ferons donc ni plongée, ni excursions, car les tarifs sont prohibitifs, et nous avons déjà dépensé beaucoup trop depuis le début de la Colombie. C’est pas tous les jours évident de tenir un budget. Mais en quittant ces lieux, nous nous sentons plus sereins.

Une désillusion de plus

Après cette petite pause, nous recommençons à nous mettre en mouvement. Et l’objectif maintenant est de franchir la frontière avec le Panama. Nous nous rendons à Cartagena avec l’intention de prendre un bateau pour l’archipel San Blas puis Colon au Panama. Une fois au port, nous apprenons que les tarifs ne sont plus du tout les mêmes que dans le guide Lonely Planet. Quatre jours de traversée représentent quasiment un mois de budget pour une personne. Nous quittons le port et allons à un cybercafé pour prendre des infos pour l’avion. OK, l’avion coute 180 dollars par personne. Mais au moment de payer, une taxe est appliquée sur les billets et d’un coup comme ça, le prix est multiplié par deux. Nous retombons dans le même problème de budget. Prendre l’avions nous obligerait à faire des sacrifices derrière, et nous n’en avons pas envie. Après une petite recherche sur le net, nous nous apercevons qu’il y a la possibilité de passer la frontière et prenant une série de bus, de bateaux, pour terminer par un petit vol intérieur au Panama. Cette solution nous convient mieux, et c’est le cœur léger que nous découvrons la ville de Cartagena.

Cartagena de Indias : une merveille

[img45:gauche]Magnifique, somptueux. Les adjectifs ne manquent pas pour qualifier cette vieille ville, conservée comme au temps des négriers et des pirates. Il s’agit d’une citadelle fortifiée sur la mer des Caraïbes. Elle est souvent décrite comme la ville la plus romantique d’Amérique du sud. Pour nous, il s’agit de la plus belle ville que nous ayons vue sur ce continent. Nous passons deux soirées à déambuler dans ces rues pleines d’ambiance et à boire des cocktails. Le niveau des prix est identique à celui des quartiers chics de Bogota. Nous évitons de trop dépenser tout de même.

La fin de l’Amérique du sud

Le lendemain matin, c’est le début de l’aventure pour nous rendre à Panama. Nous cherchons à prendre un taxi collectif pour Monteria, mais faute d’en avoir trouvé un à un tarif raisonnable, nous nous dirigeons vers un bus. Première bêtise, nous nous laissons influencer par les rabatteurs (quoi encore !!) et nous prenons un billet pour un bus qui part ahorita ahorita selon le chauffeur. Évidemment au moment où nous montons dans le bus, nous nous apercevons qu’il est vide et nous attendons une heure pour qu’il se remplisse, parce que, par ici, un bus ne part pas à une certaine heure, mais plutôt quand il est plein. Ce genre de coup est hyper classique de l’Amérique du sud.

5 heures plus tard, nous arrivons dans le terminal de Monteria et nous trouvons un bus qui part pour Turbo une demie heure plus tard. Nous prenons donc un billet et montons rapidement dans le bus qui roule comme un dératé, ce qui a un côté plutôt fun. L’itinéraire est mi-asphalte, mi-piste et nous arrivons dans la soirée à Turbo. Le bus nous dépose devant le port où nous trouvons un hôtel pas trop cher avec le minimum et nous mangeons dans un bouiboui pour presque rien. Turbo est une ville colombienne qui accueille très peu de touristes et nous découvrons une atmosphère très différente de ce que nous avons vu jusqu’ici: beaucoup d’autochtones dans la rue et les bars qui mettent la musique complètement à fond, mais au niveau restos sympas, rien du tout, nada, que dalle.

6h30, voilà l’heure d’ouverture du guichet qui vend des tickets pour le bateau. Et c’est bien sûr l’heure à laquelle nous nous y sommes pointés. Une fois les tickets achetés, et un petit déjeuner avalé, nous nous retrouvons à attendre sur le port notre bateau qui partirait vers 8h30 – 9h. Là nous rencontrons le seul autre voyageur qui attend aussi le bateau : Mike. C’est un anglais qui est reporter pour le Lonely Planet et qui prépare la prochaine version du guide pour la Colombie. C’est très intéressant d’échanger avec lui et d’avoir le point de vue d’un pro du voyage. Nous passons un bon moment avec lui et ne voyons pas défiler l’heure d’attente supplémentaire évidemment non prévue (le retard est un bonus typique en Amérique du sud). Le bateau arrive en effet vers 10h, mais nous ne sommes pas encore dedans… Il faudra attendre encore 20 minutes car les mecs discutent dans le bateau. A un moment on a même cru qu’ils jouaient aux cartes! Faut être sacrément « tranquilo» ici 😉

[img48:droite]Nous embarquons ensuite dans le bateau : une coque de noix avec deux moteurs bien puissants. Dès que nous sortons de la baie, nous comprenons que le voyage va être sportif. Le frêle esquif saute de vagues en vagues et nos fesses et nos colonnes vertébrales prennent cher. Interdit aux gens fragiles du dos. On se croirait dans un manège, les filles derrière nous hurlent à chaque bosse… Puis le bateau longe la côte et on se croirait dans Lost! Les montagnes sont couvertes de forêts vierges et tombent dans la mer. L’eau est bleue nuit magnifique, les vagues qui s’écrasent sur les rochers sont couleurs émeraudes, il y a des petites plages de sable fin désertes. Ca ressemble au paradis! Le bateau fait quelques arrêts dans de magnifiques « bourgs» au bord de l’eau, accessibles uniquement par bateau. Nous nous demandons presque si nous n’allons pas descendre là pour rester 3 ou 4 jours.

Capurgana, un paradis paummé

Trois heures plus tard, nous voilà à Capurgana. Un port miniature au bord de la mer des Caraïbes avec pour décor de jolies petites maisons et une plage paradisiaque. Après un déjeuner dans un restaurant au bord de l’eau, nous faisons tamponner notre passeport au bureau de la DAS pour officiellement sortir de Colombie. Là aussi nous nous demandons si ça ne vaudrait pas le coup de rester deux ou trois jours de plus. La suite de la journée est tranquille: balade au bord de l’eau toute bleue, cocktails sur la plage, enfin la routine quoi ! Seul hic, Tom ne peut plus s’asseoir (trop mal aux fesses à cause du bateau). Je n’ai pas ce problème, mais on ne cherchera pas d’explications désagréables… Le soir, nous rentrons nous coucher et rencontrons de sympathiques colocataires : des cafards gros comme le pouce qui squattent dans le mur de séparation entre la chambre et la douche et dont nous n’apercevons que les antennes de 4 cm qui dépassent des trous. Nous passons une petite demie heure à lutter : un monte la garde et tape avec une chaussures sur les trous quand il voit des antennes tâter le terrain, pendant que l’autre prend sa douche, puis trouvons un moyen de leur empêcher l’accès à la chambre: une grosse serviette mouillée qui bloque leur orifice d’accès. Sympathique fin de soirée, surtout que vers deux heures du matin, le ventilateur s’arrête. A cette heure là, le gérant de l’hostal coupe le courant pour faire des économies. Nous finirons la nuit sous une chaleaur torride.

Bye bye Colombie

Nous nous retrouvons à 7 heure du matin du le port sous une pluie torrentielle, puisqu’on nous a dit que d’habitude, un bateau part à cette heure là pour Puerto Olbadia, premier village du Panama. Or aujourd’hui, nous ne sommes que deux à l’attendre et le batelier nous demande un tarif exorbitant pour embarquer. Il part chercher d’autres passagers et en fait nous laisse tomber. Nous attendons un peu pendant que l’orage et le déluge du matin passent. Nous apprenons qu’en fait il n’y a plus de bateau ce matin, et qu’il y en aura peut-être un vers midi. En gros, ici, les bateliers font les horaires comme ça leur chante. Nous rencontrons un Colombien Américain qui rentre au Texas. Il arrive à nous débusquer le bateau d’un pêcheur qui accepte de nous emmener va là bas quand on veut. Finalement, nous sommes cinq à embarquer en fin de matinée puisque un couple du Costa Rica, qui voyage en Amérique du sud depuis deux ans, nous a rejoint. Nous avons quand même attendu 5 heures sur le port! Tranquilo, quoi!. Le trajet en barque est beaucoup plus tranquille que la veille, heureusement pour nos dos et nos fesses qui ne sont toujours pas remis. Mais au bout de quelques minutes de navigation, nous croisons un bateau de gardes côtes qui nous font vider en partie nos sacs (quand ils ont vu le bazar dans nos sacs à dos remplis à craquer, ils ont renoncé). Tout se passe bien, les gars sont plutôt aimable et une petite demie heure plus tard, nous repartons. Le trajet dure environ 45 minutes et nous arrivons à Puerto Olbadia en plein débarquement de troupes militaires panaméennes, mais ça, c’est une autre histoire…