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L'Equateur

Ça commence bien…

Nous franchissons le pont qui sépare le Pérou de l’Équateur. Nous venons de nous faire arnaquer 200 soles par de braves péruviens (lire l’aventure correspondante) et un type qui se prétend guide pour touristes égarés, nous amène à un bus qui va à Cuenca notre objectif du jour. Nous devenons extrêmement méfiants et plusieurs fois, nous disons à notre pseudo ange gardien que nous n’avons pas besoin de ses services. Mais le type s’accroche et tient bon. Difficile de se défaire de lui. Nous prenons rendez vous avec le chauffeur du bus au poste d’immigration qui se trouve à la sortie de la ville, à quelques kilomètres de là (Vraiment pratique de séparer le poste de sortie du Pérou et celui d’entrée en Équateur de 10 kilomètres). Pour y aller, nous prenons un taxi et faisont tamponner nos précieux passeports. Le guide nous demande évidemment un pourboire, et se permet même d’en demander plus, parce qu’en plus d’être des abrutis de touristes, nous sommes radins. A midi, nous montons dans le bus qui est bien au rendez-vous, et nous installons au fond alors que nos nerfs sont à fleur de peau à la suite des aventures de la matinée.

[img43:gauche]Quelques heures plus tard, nous voilà à Cuenca. Nous prenons un taxi que Thomas a auparavant agressé à moitié pour faire baisser le prix. Ça doit être le contrecoup de la journée difficile, nous sommes dans un mode où nous voyons le mal partout. Nous nous installons ensuite à l’hôtel et trouvons un petit resto tranquille qui s’avère être hyper cher. En fait, avec du recul, il n’est pas si cher que ça, mais après la Bolivie et le Pérou, tout nous parait hors de prix. Après une nuit de sommeil réparatrice, nous partons à la découverte de la ville. Dommage, nous sommes dimanche, ce qui signifie que la ville est morte : tous les magasins sont fermés, personne dans les rues, tous les bars fermés ainsi que la quasi-totalité des restaurants. Nous avons reçu un mail d’Antoine, que nous avons rencontré à Machu Picchu, nous trouvons son hôtel mais il n’est pas là. Nous lui laissons un message et vadrouillons un peu dans ville plutôt jolie, mais quand c’est mort, c’est mort…

On se repose à Cuenca

Le lendemain, nous retrouvons Antoine et là, nous passons trois jours ensemble. Ça fait vraiment du bien d’avoir un peu de compagnie. Nous écumons quelques bars, quelques restos, bref, un bon moment de détente qui nous permet de nous retrouver un peu. Une femme tente de voler le sac d’AnneK, mais cette dernière lui court après dans la rue et lui arrache le sac des mains. Les gens dans la rue crient « Ladron, ladron, ladron,…» et finalement, la femme qui s’était enfuie revient accompagnée d’un policier : elle a été arrêtée. Après avoir attendu un moment, nous finissons par aller au poste de police pour laisser un témoignage. Là bas nous constatons que les flics du coin ne foutent pas grand chose. Pendant qu’un regarde le foot à la télé, deux discutent et un fume une cigarette sous le panneau « interdit de fumer». Nous attendons dans un coin que l’un d’entre eux daigne s’occuper de nous, ou des 50 personnes qui font la queue à l’extérieur. Étrange situation. En tout cas, la ville est bien plus vivante que le premier jour. Nous finissons notre séjour à Cuenca sur d’autres bars et d’autres restaurants avec Antoine.

Un nouveau trek

[img42:droite]Pour remonter vers le nord, nous prenons notre bus de nuit pour Latacunga. Nous arrivons le matin avec une heure d’avance, soit 5 heures du matin au lieu de 6. Du coup nous attendons au bord de la route, là où le bus nous a largué que le jour veuille bien pointer son nez. Vers 6 heures, nous bougeons vers le centre pour trouver des toilettes et prendre un petit déjeuner. Sauf que nous ne sommes plus en Bolivie ou au Pérou. Ici, les gens ne bossent pas avant 8 heures. Nous attendons donc 2 heures après avoir tout essayé dans la ville avant de pouvoir manger un morceau et surtout se soulager après une nuit de bus. Nous tombons sur un hostal sympa mais un peu cher (Équateur oblige) où nous nous restaurons et où une gentille demoiselle nous donne toutes les informations pour le trek du laguna Quilotoa. Deux heures plus tard, nous voilà dans le bus pour Quilotoa et c’est le retour de la musique andine de mauvais goût. Nous arrivons vers midi dans le village et avant de descendre du bus, un type monte et nous réclame la dime pour l’accès au laguna : encore une escroquerie des autochtones. Nous prenons un déjeuner avec dans l’alojamiento d’une señora qui nous balance un sourire faux et commercial, mais bon, on a choisi de suivre les lignes touristiques, il faut assumer maintenant. Dans l’après midi, le brouillard se lève et nous ne voyons plus rien. Nous passons notre temps à jouer aux cartes, et à un moment, nous sortons nous changer les idées. Là nous rencontrons Sarah, une anglaise qui voyage seul. Qu’a cela ne tienne, nous allons faire la rando du lendemain en sa compagnie.

La nuit passe et nous nous réveillons à 5h45 pour attaquer à 6h30. Le soleil est déjà levé depuis une demie heure, mais la vue sur le laguna est magnifique. Nous voyons même des volcans au loin. Alors que nous contournons une partie du cratère, une petite fille nous suit pour nous demander de l’argent. Mais c’est qu’ils nous prennent vraiment pour des vaches à lait! Nous lui donnons quand même un bout de pain pour nous donner bonne conscience. Nous continuons la balade qui est plutôt jolie, mais nous trouvons que ça ne valait peut être pas un grand détour (C’est qu’en plus on devient difficile). Vers midi, nous arrivons dans le village d’arrivée. Nous cherchons à acheter une bouteille d’eau, mais dès que nous cherchons à négocier, le vendeur aimable comme une porte de prison déclare qu’il n’y en a plus et la pose sous le comptoir. ?!? Nous cherchons à rentrer à Latacunga, mais apparemment, nous avons raté le bus retour de quelques minutes. Dans un hotel restaurant ou nous déjeunons, on nous propose de nous emmener au prochain village à une heure de jeep pour 30$. Oui c’est ça, et pourquoi pas 10 000$ tant qu’on se lâche! Finalement, nous trouvons une bonne âme dans ce village qui nous emmène pour gratis au village suivant. Nous passons donc une heure à l’arrière d’un pick up, et Sarah nous déclare que c’est la première fois de sa vie qu’elle fait du stop et nous remercie de lui avoir fait vivre cette grande aventure. C’est marrant, on doit commencer à être habitués, parce qu’on avait même pas relevé qu’on était en train d’en vivre une.

A l’arrivée au village, coup de bol, le dernier bus pour Latacunga part dans 40 minutes. Nous passons la fin de journée dans l’autobus qui s’éclate à foncer sur les pistes bordées de ravins.

Quito avant de quitter l’Equateur

De retour à Latacunga, nous passons le lendemain à regarder des films et à surfer sur Internet. Nous ne tenterons pas l’ascension du Cotopaxi, tout proche, puisque la météo ne le permet pas. Notre objectif à présent est de quitter l’équateur en passant par la capitale : Quito. Le lendemain matin, nous voilà au bord de la route, à essayer de monter dans un des bus bondés. Nous en laissons passer quelques uns et au bout d’un moment, nous réussissons à nous faire accepter à bord avec nos gros sacs. Nous passons 2h30 debout dans le bus et nous arrivons ensuite dans la capitale où nous prenons un taxi pour une des compagnies de bus internationales. Pas de chance, il n’y a pas de bus pour la Colombie aujourd’hui. Nous n’aurons pas plus de chance avec la seconde compagnie. Nous finissons par nous installer dans un hôtel dans le vieux centre où nous flânons dans les rues. C’est le jour des élections et une loi appelée loi sèche interdit toute consommation d’alcool ce jour là. Pas de bol pour nos cocktails du soir qui seront sans alcool. Après une journée comme celle là, une petite bière aurrait été la bienvenue. Nous dégustons donc notre jus de fruit et notre plateau bouffe pas terrible dans le quartier branché-hype-jemelaraconte du Mariscal Sucre. Une soirée moyenne en somme. Parfois des petites baisses de moral se font bien sentir et c’est pas toujours facile de se remonter le moral lorsque l’on est que deux et qu’on a le monde entier contre soi.

[img44:gauche]L’avant dernier jour en Équateur, nous passons la matinée dans le vieux centre de Quito, et nous arrivons par hasard sur la grand place où à lieu la cérémonie d’investiture du nouveau président, élu la veille : Rafaël Correa. Il y a tout : la garde du président, les fanfares, les militants agitant les drapeaux. C’est plutôt incongru de voir l’histoire d’un pays s’écrire devant nos yeux. Plus tard nous rendons au terminal où nous prenons notre bus pour la frontière. Quelques heures plus tard, nous arrivons dans un bled pourri où nous prenons un hôtel miteux et nous mangeons dans un bouiboui dégueulasse. Nous ne garderons heureusement pas ce souvenir là de ce pays.

Pour faire un bilan, nous ne sommes pas complètement satisfait de ce séjour en Équateur. Tout d’abord parce que c’est très difficile de découvrir un pays en une semaine et demie, et d’autre part parce que nous n’avons fait que des spots très touristiques. C’est difficile dans ces moments là de juger la nature des gens d’un pays en ne mesurant que celle que l’on a vu dans ces endroits. Imaginez qu’un étranger dise que les Français sont des cons, en ayant uniquement rencontré les tenanciers de bars parisiens… Ce séjour à surtout été court, car nous nous dépêchons de monter vers l’Amérique centrale où nous comptons passer un bon moment.