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Le Pérou

Une ambiance différente

[img36:gauche]Voilà, ça y est, nous sommes au Pérou. Nous venons de franchir la frontière et nous pénétrons dans ce pays mythique. Déjà, au bout de quelques mètres, nous sommes harcelés par des taxis qui veulent nous emmener à Puno pour super cher. Puno, c’est une petite ville au bord du lac Titicaca, mais côté péruvien. Nous prenons un bus (beaucoup moins cher), où nous sommes serrés comme des sardines et qui met 4 heures à y arriver. A peine descendus du bus, nous sommes de nouveau harcelés par des taxis et des moto-taxis qui veulent nous emmener dans le centre pour très cher. La ville est moche, nous voulons réserver pour aller le lendemain sur le lac, mais les 5 heures de bateau pour 2 heures de visite des îles nous calment un peu. Nous passons la soirée en ville, où nous sommes harcelés par les vendeurs de babioles qui veulent nous les vendre pour très cher. Bref, un premier contact avec le Pérou un peu amer, où nous avons la nette sensation, qu’ici, le touriste est pris pour une vache à lait. Alors que nous souhaitons prendre un ticket de bus pour Cuzco, les dames de l’agence nous apprennent qu’en ce moment, la route pour cette ville est bloquée. Le seul moyen de la rejoindre, est d’aller vers Arequipa, puis de prendre ensuite un autre bus. Qu’a cela ne tienne, nous prenons le lendemain un bus vers la seconde ville du Pérou.

Le trajet en bus est particulier (comme toujours). En effet, à chaque pause, des dizaines de personnes montent à bord pour nous vendre des trucs. Ça va de la bouffe à des babioles sans intérêt. Alors que notre transport avance pas trop mal, nous tombons en panne dans la descente, alors que nous sommes encore à une heure de notre objectif. Après avoir assisté à quelques essais infructueux pour réparer l’engin, nous décidons de faire du stop au bord de la route, et nous attrapons un autre bus. AnneK s’asseoit à côté d’une dame très gentille qui lui fait des offres de rachat pour sa montre Decathlon. A la nuit tombée, nous arrivons à Arequipa. La gare des bus est très vivante ici, et nous achetons un ticket pour Cabanaconde, petit village situé au bord du canyon de Colca. Le problème est qu’il est 18h, et que notre transport ne part qu’à une heure du matin. Nous passons alors la soirée dans cette superbe ville, où nous nous promettons de nous arrêter au retour du canyon.

Le bus pour Cabanaconde part bien à l’heure prévue, et nous nous endormons tranquillement, bercés par les cahots de la piste. Vers 4 heures du matin, soit 3 heures avant notre arrivée, les lumières du bus s’allument, une dizaine de personnes montent, la télévision démarre, accompagnée d’une musique des plus atroces. Voici la musique Péruvienne : un son pourri, une voix de casserole et des instruments mal accordés et qui jouent faux (vous pouvez en avoir un aperçu dans la vidéo du Pérou), évidement, le tout à fond, sinon ce ne serait pas drôle.
Nous arrivons dans le village au lever du jour, et nous passons la matinée au lit à nous remettre de cette « musique» atroce.

Le Canyon de Colca

[img37:droite]Le lendemain, nous partons pour un trek de trois jours autour du canyon de Colca. Nous avons pris la tente, de la nourriture pour trois jours et des fringues en cas de pluie. La liste paraît courte, mais les sacs sont quand même bien lourds. Le premier jour commence par 1000 mètres de descente. AnneK a le genoux en vrac lorsque nous arrivons au premier camping. Nous nous arrêtons là pour la soirée et passons un moment dans une piscine d’eau chaude (38°C) située à quelques mètres de la tente. Le jour suivant, nous remontons au total 900 mètres sur la journée avec pour objectif une grande cascade qui est absolument magnifique. Sur le chemin, nous rencontrons Raz, un israëlien qui se balade lui aussi en Amérique du Sud. Nous passons la soirée à Fure, un regroupement de trois maisons au milieu de la montagne que l’on pourrait presque qualifier de bourg. AnneK et moi jouons aux cartes avec des enfants du coin et quand il se fait tard, disons vers 21h, nous allons nous coucher. Le dernier jour, nous redescendons au fond du Canyon, dans un lieu appelé l’Oasis. Cet endroit porte bien son nom, car il comporte plusieurs piscines, un bar, un resto, le tout au milieu des palmiers dans un décor féérique. Pour la remontée de 1100 mètres vers Cabanaconde, la plupart des gens présents ici louent des mules pour un tarif absolument indescent. Nous préférons remonter à l’ancienne avec le sac au dos. Nous quittons l’Oasis vers 16h, et arrivons en haut de la côte de nuit. A ce moment là, nous ne sommes pas encore au village, mais nous le voyons de loin. Alors que nous ne trouvons pas le chemin, nous profitons du passage d’un convoi de locaux pour les suivre. Le seul truc, plutôt étrange, c’est que ces personnes avancent dans le noir le plus total en suivant leurs chevaux. C’est qu’ils avancent vite en plus le bougres. Peut être connaissent-ils le chemin par cœur. En tout cas, nous avons été rudement impressionnés. Nous arrivons éclatés dans le village quelques minutes plus tard et savourons un Mojito et une Pizza dans un restaurant pour Gringos, en attendant notre bus de nuit pour Arequipa.

Retour à Arequipa

[img32:gauche]Au retour, nous avons droit à une autre ambiance, tout aussi désagréable. En effet, le chauffeur passe toute la nuit les trois même morceaux en boucle. Un des morceaux est d’une teneur égale à celui du voyage aller. Une femme gueule « si, si, si, si, si, si, si, si» puis des trucs comme « arriba, arriba, arriba, arriba, arriba, arriba». Bref, un morceau à se tirer une balle. Nous arrivons vers 4 heures du matin dans le terminal de bus, évidemment trop tôt pour partir en ville. Nous attendons alors que le jour se lève. A cette heure là, le terminal bouillonne déjà de vie. Sur les centaines de sièges, nous ne trouvons pas une seule place assise et finalement, nous attendons assis par terre. Au lever du jour, deux heures plus tard, nous sortons du terminal et apercevons les deux magnifiques montagnes entourant cette ville : Le Misti et le Chachani. Nous prenons un collectivo et rejoignons un Hostal qui nous a été conseillé par Raz. Comme après chaque voyage affreux, nous nous installons et nous endormons, pour ne nous réveiller qu’en début d’après-midi.

La tentative d’ascension du Chachani

[img38:droite]A peine revenus à Arequipa de notre trek de trois jours dans le Canyon de Colca et bien mis en jambe pour quelque chose de plus gros, nous réservons un guide de montagne, afin de tenter l’ascension du Chachani (6075 m), tout proche de la ville. Le guide nous dit que d’après le trek que nous venons de réaliser, nous sommes capables de faire le sommet en 7 heures de montée et 4 heures de descente. Nous montons donc le lendemain matin en voiture, pour 3 heures de trajet. Nous avons deux compagnons de voyage : Raz l’israélien et Alisha la canadienne. Le premier jour est tranquille: Une heure de marche pour 200 mètres de dénivelé jusqu’au camp de base, situé à 5200 mètres d’altitude alors que le guide avait prévu deux heures. Là haut, les mouvement rapides sont proscrits sous peine de devoir supporter un mal de tête assez lourd et quelques vertiges. Nous montons notre tente non sans mal, mangeons des pâtes et buvons un thé sous une température correcte et une luminosité hallucinante. Sur le coup de 16h30, le soleil se couche, et en quelques minutes, tout le camp se vide, car c’est l’heure d’essayer d’aller dormir. Nous rentrons alors dans la tente, et c’est le début de la nuit… 

La nuit dans la tente est longue, très longue. Évidemment, avec l’altitude, nous avons un grand mal de crâne qui nous empêche de dormir. De plus, nous nous déshydratons à une vitesse impressionnante. Dehors, la température a considérablement baissé. Plus question de sortir sans la panoplie intégrale de l’alpiniste du dimanche. Sous la tente il fait froid. Nous avons beau dormir habillés comme des astronautes (grosses chaussettes, collants, pantalons, tee-shirt, deux polaires, cache cou, bonnet, et drap de soie) dans nos duvets, rien n’y fait. Nous finissons par réunir nos deux duvets, ce qui améliore un peu les choses, sans être non plus un remède miracle. 

A 1h30, notre réveil sonne et nous nous préparons et prenons un petit déjeuner. Alisha a été malade à en vomir toute la nuit, et décide de rester au camp. Raz a été lui aussi malade, mais décide de venir quand même. Mais, vu qu’il ne se sent pas très bien, il met du temps à se préparer. Alors que nous nous sentons motivés comme jamais, nous devons l’attendre dans le froid pendant une bonne demie heure et nous ne partons du camp qu’à 3 heures. 

[img39:droite]La première montée se fait bien. Raz a du mal, mais pour nous deux, tout roule. Une heure plus tard, nous sortons du couloir dans lequel nous étions, et, vu que nous ne sommes plus à couvert, le vent violent se lève et la température dégringole. Nous rencontrons quelques mètres plus loin une plaque de neige, et nous faisons une pause pour chausser nos crampons. Et là, premier problème : Raz n’a pas réglé ses crampons la veille, du coup, nous attendons une demie heure dans le froid que le guide les lui règle. Après cette petite attente, nous repartons. 

Nous progressons en dévers sur une pente à 45 degrés constituée de mélange de neige et de glace. Nous nous apercevons que si l’un d’entre nous fait une erreur avec ses crampons, il pourrait finir en bas de la montagne. Or nous n’avons pas de piolet, nous ne sommes pas encordés et nous n’avons aucune expérience en cramponnage. De plus, notre guide avance bien vite et nous avons du mal à le suivre. Quelques minutes plus tard, Raz perd un de ses crampons. Le guide l’aide a les remettre et nous attendons 10 minutes à flanc de pente glacée. Une fois repartis, nous avançons encore 10 minutes, et l’opération se répète : Raz reperd ses crampons. Alors que nous sortons la bouteille pour boire un peu, nous nous apercevons que toutes nos réserves d’eau sont gelées. 

Nous commençons peu à peu à perdre patience. Notre guide, certes très sympathique, semble manquer de compétences en encadrement, et nous a fourni du matériel de mauvaise qualité. Après quelques autres problèmes de crampons, nous arrivons au niveau d’une vire en glace que nous franchissons en nous tenant à une corde équipée en fixe. Il est 7h et le jour se lève. Le guide nous dit que nous sommes à 5400 mètres et qu’il nous reste encore 5 heures pour atteindre le sommet. Nous avons donc mis 4 heures pour faire un trajet qui aurait du en faire deux. Nous sommes alors très fatigués. Fatigués par les longues attentes qui nous ont passablement refroidi, fatigués par la déshydratation, car nous n’avons pas bu depuis un moment et fatigués par la nuit pourrie que nous avons passé. Nous décidons, à regret, de faire demi tour et de laisser le guide et Raz partir pour le sommet. Il semble que ça ne pose pas de problèmes au guide de nous laisser partir seuls. 

Le retour est difficile. Le chemin sur la pente de glace est légèrement remontant. D’ordinaire, cela ne poserait pas de problèmes, mais à cette altitude, les données sont faussées. Tous les 10 mètres, nous nous effondrons car nous n’avons plus de souffle et nous sommes complètement déshydratés. Le moindre pas demande un gros effort. Nous mettons une heure à sortir de la glace et faisons une pause, allongés sous le soleil brûlant et aveuglant de 8 heures du matin. Enfin, nous arrivons à la dernière descente. Il nous avait fallu une heure pour monter. Il nous faut 10 minutes pour redescendre. Nous arrivons au camp de base fatigués et nous nous installons dans la tente pour dormir. Nous sommes rejoint quelques heures plus tard par Raz, complètement éclaté et le guide qui sont allés au sommet. 

De retour à Arequipa, nous restons une journée de plus pour visiter un peu la ville, faire un tour au marché et se faire un ciné avec Alisha. Nous avons vu « Slumdog Millionaire» en VO avec les sous-titres en espagnol. Après cette petite pause, peut-être un peu courte, nous prenons un bus de nuit pour Cuzco, direction Machu Picchu…

Vers Machu Picchu

Pour migrer directement vers la cité « perdue », 24 heures de voyage sont nécessaires. Nous commençons par prendre un bus Arequipa – Cuzco. A Cuzco, nous aurions pu prendre directement le train pour Aguas Callentes, mais ce moyen de transport coûte environ 100 euros le billet (une arnaque totale). Il existe un train bien moins cher, mais il est réservé aux locaux (entendez par là interdit aux étrangers). Nous prenons alors l’itinéraire alternatif qui consiste à prendre un bus Cuzco – Santa Maria puis un Combi de Santa Maria à Santa Thereza. Pour finir, nous marchons pendant 8km le long de la voie ferrée jusqu’à Agua Callentes où nous arrivons de nuit un peu claqués. 

[img41:gauche]Aguas Callentes est le pueblo situé en contrebas du Machu Picchu. A côté, Disneyland fait pâle figure. Ce ne sont que restaurants italiens ou chinois, hôtels plus ou moins classes selon ce qu’on a dans la portefeuille, maisons de change, cybercafés ou autres joyeuseries touristiques. En revanche, le décor environnant est absolument incroyable. Ce ne sont que montagnes vertigineuses et vallées insondables recouvertes d’une végétation luxuriante. La présence permanente de nuages donne au tout une ambiance mystérieuse vraiment excellente. 

Dans ce fouillis, nous trouvons où acheter nos billets pour Machu Picchu, nous allons ensuite prendre une chambre dans un Hospedaje pas trop cher, et nous finissons devant un mojito et une pizza en bons explorateurs de cité perdues incas. Ce qui est assez amusant avec les restaurants du coin, c’est que ce sont les seuls au Pérou à rajouter une ligne « Service » sur leurs additions. Il se gavent bien puisque cette ligne représente 15% à payer en plus par rapport à la carte (déjà que la carte est systématiquement hors de prix…). 

Malheureusement, pendant la nuit, AnneK est malade. Quelque chose lui fait très mal aux oreilles. Et le matin, nous décidons de remettre au lendemain notre excursion. A la place, nous testons le « centro de salud » local. Un genre de mini-hôpital. Nous nous y rendons avec un peu d’appréhension, mais quelques minutes plus tard, nous sommes rassurés par la rapidité du système (nous avons du rester une demie heure au maximum), la sympathie du service, et l’efficacité du tout. Le mal aux oreilles est dû au rhume qui traine depuis quelques jours. A noter au passage: ici, ils ne vendent que le nombre exact de pilules nécessaires. Peut être y-a-t-il là une idée à garder pour sauver notre sécu. En tout cas, pour une consultation, une piqure, des gouttes, et 2 tablettes de pilules, ce n’est pas très cher.

[img34:droite]Le jour J est là, et nous nous levons à 4 heures et demie. Nous quittons l’hostal avec nos sacs contenant pic-nic, eau et appareils photos une demie heure plus tard. Une heure plus tard, nous arrivons en haut des 1736 marches, devant l’entrée du site, déjà bondée de touristes, puisque les 2 premiers bus viennent de se vider quelques secondes auparavant. C’est donc la cohue que nous pénétrons dans ce lieu mythique et que nous nous précipitons au pied du Wayna Picchu, afin de faire partie des 400 premiers visiteurs qui auront la chance d’y monter. Dans la file d’attente, nous rencontrons Antoine et Clément, deux Français en vacances avec qui nous passerons la matinée. Au sommet du Wayna, nous aurons même droit à une dégustation de saucisson made in France (Et ça fait du bien).  La journée se poursuit en montant, et descendant, en montant et en descendant des marches. Nous visitons le temple de la lune, perdu dans la forêt, avant de revenir dans la foule maintenant éparpillée dans les ruines. Notre objectif est de rester jusqu’à la fermeture (à 17h). Du coup, nous prenons vraiment notre temps pour visiter. Ce n’est pas toujours une partie de plaisir de slalomer entre les classes de lycéens américains et celles de lycéennes anglaises (qu’est ce qu’elles font du bruit celles là !!!), mais nous arrivons tout de même à profiter malgré les quelques pluies passagères. A partir de 15h, le lieu commence à se vider et à 16h, il ne reste plus que quelques pèlerins comme nous, qui sont là pour profiter du silence et de la beauté du lieu. Et nous sommes récompensés de notre attente, puisque une superbe éclaircie met en valeur les monuments sur un fond de nuages noirs. Nous assistons à un espèce de moment de grâce, un instant magique qui restera gravé dans nos mémoires pour quelques temps. A 17h, les gardiens nous font signe de sortir, et nous réalisons que nous avons du mal à quitter les lieux. Peut être ces pierres chargées d’histoire sont aussi chargée d’une sorte de magnétisme. En tout cas, le Machu Picchu, c’est très beau en photo, mais quand on y est, ça n’a strictement rien à voir.

Retour à Cuzco

Le retour vers Cuzco est aussi laborieux que l’aller. Nous commençons à pieds sur la voie ferrée, puis nous prenons un taxi pour Santa Maria. Dans le véhicule, nous sommes avec Inès et Andrès : un couple d’argentins que nous avons croisé la veille au Machu Picchu. Une fois arrivés, nous cherchons à prendre un bus, mais le prochain ne passe que dans quelques heures. Avec Inès et Andrès, nous nous décidons à prendre un collectivo pour un peu plus cher, mais ce dernier nous dit que nous serons à Cuzco dans quatre heures. Ce trajet est plutôt laborieux : véhicule excessivement lent, gaz d’échappements à l’intérieur du véhicule, sièges inconfortables au possible, … Bref, nous arrivons à Cuzco 7 heures plus tard. Le chauffeur s’est bien foutu de notre gueule, comme beaucoup de Péruviens que nous aurons croisés d’ailleurs. A l’arrivée à Cuzco, le chauffeur ne veut pas nous déposer dans le centre, mais plutôt dans un quartier qui craint. Andrès s’énerve (à raison) et dit au chauffeur que s’il ne nous dépose pas dans le centre, nous partirons sans payer. Le chauffeur refuse, et nous voilà avec nos bagages sur le bord de la route en train de prendre un taxi, avec la femme du chauffeur qui me retient par le bras et moi qui force pour la faire lâcher prise. Nous avons eu des scrupules à partir sans payer, par contre, le chauffeur n’en avait pas eu pour nous arnaquer. A méditer…

Nous passons 2 jours à Cuzco, pour nous reposer plus que pour visiter. Le centre ville est excessivement touristique. Ça va même jusqu’à la dame déguisée en péruvienne qui se balade avec son lama et qui demande 5 soles pour prendre une photo d’elle. Les gens sont excessivement habillés en habits folkloriques, là aussi ça ressemble un peu à Disneyland. En se baladant un peu, nous nous sommes un peu éloignés du centre, et nous avons atterri au marché central pour faire nos courses. Là par contre c’était beaucoup plus authentique puisque pour le coup, nous étions les seuls étrangers. Les gens se sont montrés vraiment sympathiques et sans doute beaucoup plus vrais que les clowns ambulants de la Plaza de Armas.

Le trek Santa Cruz

Après cette petite pause, nous partons pour le nord. Tout d’abord 24 heures de bus pour aller jusqu’à Lima, où nous ne restons pas plus de 2 heures, et ensuite 10 heures pour nous rendre jusqu’à Caraz, au cœur de la Cordillera Blanca. Notre objectif est de faire le trek Santa Cruz, réputé pour être l’un des plus beaux du monde. Il nous faudra une journée glandouille pour récupérer de ce voyage, et nous nous embarquons vers les sommets.

[img35:gauche]Nous décidons donc de partir donc pour 4-5 jours de trek, en autonomie totale, avec notre matos et notre nourriture. Le matin du départ, la pluie est au rendez-vous. Nous partons tout de même, ce n’est pas ça qui va nous arrêter! Après 1h30 de « collectivo » (qui n est rien de moins qu’un taxi dans lequel on monte a 6 en plus du chauffeur) sur piste avec un arrêt pour tirer un mini-van hors du fosse, nous arrivons au point de départ du trek. On paye les 10 soles qui servent a l’entretien du chemin, du moins c est ce qu’on nous a dit… Il ne pleut quasiment plus et nous partons bien motives. Le paysage est très joli, les nuages s effilochent sur les montagnes. Nous arrivons sans encombres au premier camp et continuons sur notre lancée. On traverse de nombreux troupeaux de taureaux. On tombe sur un lac, puis une vallée paisible dans laquelle paissent des chevaux. C est magnifique, c est calme… Le soleil se couche au moment ou on aperçoit un sommet enneige. On est ravis! Peu après, le chemin s’arrête. On l’aperçoit a flanc de montagne sur le cote et on traverse le champ dans cette direction. Sauf que le champ est plein d eau, donc on patauge pas mal. Les pieds humides, on retrouve le chemin. Sauf qu’il se perd dans la montagne et on se retrouve coinces entre des caillasses, des cactus et des plantes qui piquent. On croit déceler un chemin au milieu de la vallée, nous descendons donc tant bien que mal de notre montagne et traversons le pré en pataugeant de plus belle. Plus loin, le chemin se perd a nouveau. Nous continuons a avancer dans la direction du prochain camp, a travers les arbres, les buissons, les arbustes, les plantes qui piquent, les orties… La nuit approche, le moral commence a flancher. Nous trouvons alors une espèce de prairie au milieu de nos buissons. Nous décidons de planter la tente, seuls au milieu des montagnes et des bouses de taureaux. Une fois installes, la pluie se met a tomber et nous passons un petite soirée douillette dans notre tente. 

[img40:droite]Le lendemain, nous déjeunons face a un sommet magnifique et reprenons la route, apres avoir vu des gens passer de l autre cote de la rivière intraversable (nous en déduisons donc que le « vrai » chemin est de l autre cote). En râlant sur ce @#&$ de chemin, nous fonçons a travers broussailles pour le rattraper. Après moults pataugeages dans la flotte et dans la boue, nous arrivons au deuxième camp et reprenons notre souffle avant d entamer la montée au col. Nous sommes a 4200m et il nous reste 550m de dénivelé pour y parvenir. Nous commençons a sentir l altitude et mes pas deviennent encore plus lents. C est alors que la pluie commence a tomber. Les 4 km qui nous séparent du col sont longs et difficiles. On marche dans l eau et la bouillasse, nos pieds sont bien mouilles, le bas du pantalon aussi. Puis la pluie se transforme en neige avec l altitude… On monte, on monte, le moral flanche, on continue… Enfin, le col est en vue et on arrive au panneau 4750m! Mais la récompense ne viendra pas. Le paysage est blanc. On ne voit rien, seulement 50m de chaque glacier environnant. Et de l autre cote du col, la vue est la même. Tout ça pour ça…. On redescend, la neige se calme. La descente est beaucoup plus facile même si ça glisse et on arrive rapidement au niveau de lacs très jolis et autour desquels on fait la pause déjeuner en profitant d une accalmie. Nous repartons de plus belle pour arriver au camp suivant avant la nuit. Il pleut toute l après-midi, par averses, le chemin est souvent inexistant ou inutilisable, nos chaussures sont recouvertes de boue et nos pieds sont mouilles (Enfin, les miens sont mouilles et ceux de Thomas sont complètement trempes car ses chaussures ne sont plus étanches). Arrive au camp, nous nous apercevons que le terrain est situe entre la rivière et les cascades qui viennent de la montagne. Autant dire que ça fait splasch de partout. Nous installons notre tente sur un bout de terrain en pente, entre deux flaques et une rigole en espérant qu’elle tiendra le coup.

La nuit a été sympathique. Le 3eme matin, il pleut toujours. Nos affaires sont chargées d humidité et nous repartons pour ce que nous pensons être un trajet tranquille de 2h. Nous mettrons en réalité 4h pour rejoindre le village ou un bus pourra nous ramener a Caraz. 4h de bouillasse, avec un bon dénivelé sur la fin, des dizaines d enfants qui nous demandent du chocolat dans les hameaux traverses, et quelques belles rencontres avec des locaux avec lesquels on discute 5 minutes et qui nous disent qu’il faut venir en juillet-aout pour profiter du trek. Nous arrivons enfin au village, recroisons Ras, l’israëlien du canyon de Colca et du Chachani et attendons le bus avec deux Français qui attendent leur mule. Ils ont paye un muletier pour faire le trek avec eux, mais la personne n est pas la. Ils ont donc demande sur place une autre mule et se retrouvent avec un âne au bout d une corde dans les mains sans savoir qui va avec eux (c est le Pérou!). Un mini-van s arrête et va en direction de Caraz. En installant nos sacs sur le toit, le chauffeur nous demande si nous avons les billets pour l entrée du parc. Il faut payer 65 soles par personne, soit 15 euros, pour entrer dans le parc, mais nous avons fait le trek en sens inverse, nous devons donc les payer en partant. Mais notre chauffeur, contre un petit « propina » nous offre une solution pour ne pas payer : dire que nous venons de Yanoma, ou nous avons rendu visite a des amis italiens. Arrives au poste, le gardien hargneux ne veut pas croire a notre histoire. Nous sommes Français et non Italiens et ici il est difficilement concevable d avoir des amis d autres pays. Après beaucoup d insistance de notre part (nous sommes bien contents de mieux maitriser l espagnol) et de la part du chauffeur, nous pouvons passer sans payer! 130 soles d économiser, c est le budget d une journée! Nous rentrons a notre hôtel, passons 1h a laver nos affaires et nous dirigeons vers le resto dont nous avons rêvé pendant 3 jours : bouteille de vin et bonnes pastas (très rare!). Pour conclure ce trek qui nous laisse quand même un gout un peu amer, notre resto est ferme… 

Les trois derniers jours

Nous aurons bien mérité la journée à rien faire du lendemain. Au programme : on regarde des films, on mange des gâteaux, et puis on fait rien quoi… Le bonheur !!
Surtout que par la suite, nous prenons un bus de nuit pour Trujillo, ville sans aucun (mais aucun !) intérêt, où nous passons la journée, et un second bus de nuit pour la frontière. Au sortir du bus, nous sommes alpagués par un faux taxi et embarqué dans un bon plan foireux comme on les aime, mais ça, c’est une autre histoire…