Nous arrivons à Tumbes vers 10h30 après une nuit de bus plutôt mieux que les autres. Tumbes est la dernière ville péruvienne avant la frontière avec l’Equateur, mais la frontière elle-même si situe à quelques dizaines de kilomètres plus loin. Le plan était d’aller à Tumbes, changer nos soles, manger, trouver une compagnie de bus qui passe en équateur et se diriger vers Cuenca. A notre sortie du bus, nous nous faisons alpaguer par un petit groupe de rabatteurs. Nous sommes claqués, la nuit de bus a été courte et surtout c’est la seconde nuit en bus à la suite. Un rabatteur nous explique qu’il a une compagnie de bus qui part à Cuenca du bled frontière à 1/2h de là pour 5$ chacun. Un bus part à 11h (trop tôt) et un autre à 15h. Il nous emmène en taxi gratuit jusqu’au terminal où nous trouverons notre bus. La solution nous paraît assez alléchante et simple, bien que le gars se soit pas très très clair. Nous acceptons et nous dirigeons vers le taxi et là, comme par enchantement, 2 autres gars montent dans le tacos… Un chauffeur et un passager à l’arrière. Le rabatteur veut monter devant et Thomas refuse et monte devant. C’est là qu’on a fait notre première et fatale erreur!
Le taxi démarre. Thomas me dit qu’il a sorti le couteau suisse dans sa poche. On sent bien que la situation est pourrie. Ils nous tchatchent, font les mecs sympas. Ils nous déposent au poste de sortie du Pérou et nous disent d’aller faire tamponner nos passeports. Nous prenons nos sacs avec nous malgré leur assurance qu’on peut les laisser dans la voiture. Les formalités effectuées, nous repartons pour la frontière. Les 3 mecs commencent à nous parler pour nous faire peur : « La frontière, c’est très dangereux. Il y a plein de touristes qui se font tout voler, voire agresser à l’arme blanche…». Ils nous racontent tout plein d’histoires de ce genre, nous disent que des fois la frontière est fermée, bloquée par la population et qu’il faut payer pour passer sinon on reste 10 jours coincés. Qu’il ne faut surtout pas se balader seul en tant que touriste, mais qu’avec eux, tout se passera bien, il n’y a aucun danger… On se tape donc ¼ d’heure d’histoires horribles qui font trop peur et on commence à flipper. On arrive à la frontière, on passe des barrages de flics sans problème, on continue vers le panneau équateur. Il y a beaucoup de monde dans la rue, ça grouille, ce n’est pas très rassurant.
Et soudain, avant le passage en Equateur, la voiture tourne dans une ruelle bordant un marché trop glauque. On commence à demander qu’est-ce que c’est que ce bordel, les mecs voient qu’on flippe, nous disent « tranquillo, tranquillo, les voitures ne peuvent pas aller plus loin». Ils nous disent aussi que la frontière est fermée. Une fois garés dans la ruelle, le chauffeur et le rabatteur descendent. On reste seul avec le 3° mec qui nous dit qu’il faut payer 100 soles (25€) chacun car la frontière est fermée et que sinon ils ne pourront pas repartir. Il nous met la pression « Rapido! Rapido! C’est dangereux! Non ne descends pas de la voiture…» On sait très bien que c’est une énorme arnaque, mais à ce stade là on a juste envie de se barrer de cette voiture, en un seul morceau et avec nos sacs. On paye donc. Là, il nous dit qu’il faut payer 35 soles pour le taxi… On commence à en avoir marre d’être pris pour des cons…. On a que 20 soles sur nous et on lui explique que ça va suffire. On finit enfin par sortir de cette voiture de malheur, on récupère nos bagages et là, ils nous désignent un mec qui passe par là et nous disent que lui est « seguro» et qu’il va nous emmener jusqu’au bus. On s’énerve un peu, leur dise qu’ils doivent venir avec nous comme ils nous ont dit… Le mec qui nous a pris les sous commence à venir et je lui dit que la frontière n’est pas fermée (en gros je lui fais comprendre qu’on a compris qu’ils nous avaient pris pour des cons) et les 3 mecs disparaissent comme par enchantement!
On suit notre nouveau « guide» parce que c’est quand même un bazar sans nom cette frontière, mais on est sur nos gardes. Il nous emmène au bus. On ose même pas laisser nos bagages en soute le temps d’aller changer des soles et de passer à l’immigration. On se sent super vulnérables. Finalement on le fera quand même. Le « guide» (qui nous explique qu’en fait c’est son boulot d’orienter les touristes) nous emmène changer nos soles en plein milieu du marché! On changera quasiment rien parce qu’on a trop peur (grosse erreur d’ailleurs parce que le taux de change était vraiment plus intéressant), on a beaucoup de soles à changer. Puis il nous dit qu’il faut encore prendre un taxi pour aller au poste d’immigration pour faire les papiers pour rentrer en Equateur. Là on s’énerve parce qu’y en a marre, on est claqué, c’est le bordel, on comprend rien. Finalement on y va et le bus nous retrouve là-bas. Nos bagages sont bien en soute! Le « guide» nous demande un pourboire, puis demande plus car il trouve que c’est pas assez. On est passablement énervés. On finit enfin par s’assoir dans ce bus et partir pour Cuenca. La pression retombe!
Equateur
On se croirait dans un film!
Une sacré expérience … plutot flippante.
Ca fera des souvenirs à raconter 🙂