Après un périple en bus de quelques dizaines d’heures depuis Sucre en passant par la Paz, nous voici à Rurrenabaque, petite ville paumée au milieu de la forêt amazonienne. A peine arrivés, et nous voilà dans la pirogue avec Eloi, un guide qui a tout d’un autochtone. Notre embarcation remonte le Rio Beni puis le Rio Honda pendant près de 2 heures et demi. A midi, nous posons pied à terre et suivons un sentier à travers la forêt qui nous mène à notre camp, situé à 10 minutes de là.
Après avoir investi nos « chambres » et déjeuné sur le pouce, nous partons marcher dans la forêt avec Eloi. Notre groupe est bien trop important : 8 personnes plus le guide. Avec autant de monde, difficile de pouvoir observer correctement la faune. Pour couronner le tout, 4 des membres du groupes sont des touristes modèles : anglophones incapables de comprendre ou de cracher le moindre mot d’espagnol, ils jouent également à tapper sur les arbres avec leurs batons et discutent très fort. Néanmoins, nous arrivons tout de même à observer des Cerdos (cochons sauvages), qui, forcément, fuient à notre apporche.
La forêt a tout d’un endroit magique: des sons extraordinaires de singes, de perroquets variés, ou d’autres oiseaux, des couleurs extraordinaires et changeantes selon l’heure de la journée, ce côté muraille végétale, chaleur étouffante et humidité envahissante qui font que l’on se sent opressé en permanence. Bien que cette partie de la Selva soit dépourvue d’animaux dangereux pendant la journée, nous n’oublions pas de faire attention où nous posons les pieds et les mains. Un piqure végétale ou animale (fourmis, guepes, petites araignées) et vite arrivée. Thomas en sait quelque chose.
La forêt de jour est donc plutôt soft, et c’est après le dîner que la tension monte, car nous partons alors pour une petite expédition nocturne. C’est le même décor que quelques heures auparavant, et pourtant, Eloi redouble d’attention, et nous avançons beaucoup plus doucement que dans la journée. Il ne faudra que quelques minutes pour comprendre pourquoi. Quelques mètres plus loin, nous croisons une énorme araignée « Chichila » dont la piqure extrêmement douloureuse peut clouer quelqu’un au lit pour plusieurs jours. Le stress commence à monter, d’autant plus que cette araignée peut sauter sur ses victimes. Alors que nous faisons de plus en plus attention où nous allons, une tarentule grosse comme un crabe nous attend au milieu du chemin. Jamais je n’aurais imaginé qu’une araignée pouvait atteindre cette taille. Notre guide s’occupe de la faire rentrer dans son terrier et nous indique que la piqure de cette araignée peut être mortelle, vu sa taille. Le stress augmente encore d’un cran. Enfin, un peu avant la fin de la balade en forêt, un dernier obstacle occupe toute la largeur du chemin : un énorme serpent Pucara. Ce reptile est, selon le guide, extrêmement dangereux. En effet, sa morsure provoque la mort en deux heures. Nous contournons le monstre en sortant du chemin et en restant à bonne distance, car la bête peut lancer des attaques éclair.
En revenant au camp, les grosses blattes qui se planquent sous les lits nous font beaucoup moins d’effet, et nous nous endormons tranquillement par une chaleur torride dans notre moustiquaire.
Le lendemain, le groupe d’anglo-saxons pour qui nous avons fini par servir d’interprètes met les voiles (ils n’ont pris qu’une nuit). Nous partons donc à 4 avec notre guide avec pour thème aujourd’hui les arbres. Nous apprenons que la Quina peut guérir la malaria (à vérifier quand même), que le Uña degato a des vertus contre le cancer, Que l’on peut fabriquer du caoutchouc avec de la Gomma, et que la sève du Soliman, mélangée au sang, tue en quelques secondes. Beaucoup de choses très intéressantes donc. Nous terminons la journée en nous cachant dans les racines d’un arbre de 800 ans et en se balançant de lianes en lianes.
Le dernier jour est consacré à l’artisanat. Nous fabriquons des bagues en bois de Chonta, des colliers avec divers fruits colorés. Eloi nous montre l’art de polir le bois de Chonta avec des cailloux, de la terre et de la cendre. Après le déjeuner, nous nous en retournons à notre pirogue qui nous ramène en fin d’après-midi à Rurrenabaque. Nous garderons un excellent souvenir de ces trois jours malgré les millions de moustiques et la combinaison de la chaleur et de l’humidité à cause de qui nous étions tout le temps trempés.
Bolivie
Je viens de voir les photos accompagnant ce récit et même si certaines sont un peu sombres,j’en ai eu des frissons!
Je viens de me connecter pour la première fois depuis la maison (qui est équipée avec l’adsl) et découvre les imprévues de votre aventure.
Merci et bravo pour nous faite participer à votre voyage
Affectueusement
Mamie de Six-Fours
merci de nous faire partager ce fabuleux voyage, merci pour ces incroyables photos, l’arbbre de pierre m’a scotchée devant l’écran!!!